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02/06/2015 10:37 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Jacques Parizeau, un «phare» pour tous ceux qui l'ont côtoyé de près

MONTRÉAL - Yves Michaud, un ami personnel de Jacques Parizeau depuis les années soixante, affirme que la défaite référendaire de 1995 a été «la grande tristesse de sa vie».En entrevue mardi, quelques heures après que le décès de l'ancien premier ministre eut été annoncé, M. Michaud s'est dit «inconsolable de sa disparition» et «terriblement seul».«Ce que je retiens de lui, c'est une larme, dans le sens qu'il a obtenu 49,55 pour cent des voix au référendum, volé par le gouvernement fédéral. Puis Jacques a démissionné», a-t-il affirmé.Comme indépendantiste de longue date et surtout ami de M. Parizeau, M. Michaud rapporte lui avoir plus tard demandé s'il regrettait d'avoir démissionné au lendemain de la défaite référendaire de 1995. «Un jour, je lui ai dit 'tu aurais dû rester là' et il ne m'a pas répondu; il ne voulait pas parler de ça. Mais probablement qu'il éprouvait un certain regret», a avancé M. Michaud.Étonnamment, ces deux hommes passionnés et entiers parlaient peu de politique et d'économie, bien que M. Michaud ait également oeuvré au Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires, le MÉDAC. Ils parlaient de tout, partageaient des repas et s'échangeaient des bouquins. M. Parizeau était aussi «extrêmement cultivé», rapporte M. Michaud.Au plan personnel, M. Michaud décrit aussi un homme avec «un sens de l'humour britannique et caustique».PaquetteDe son côté, Gilbert Paquette, qui a été ministre dans le gouvernement de René Lévesque aux côtés de Jacques Parizeau qui était alors ministre des Finances, salue le véritable «phare», l'inspiration qu'a été M. Parizeau pour les indépendantistes et pour plusieurs générations.En entrevue mardi, M. Paquette a relaté sa démission comme ministre des Sciences et de la Technologie, au milieu des années quatre-vingts, à la même époque que celle de Jacques Parizeau, parce que tous les deux étaient opposés au virage du «beau risque» que voulait prendre le premier ministre René Lévesque pour donner une dernière chance au renouvellement du fédéralisme.On a démissionné ensemble; ça crée des liens, a relaté M. Paquette.L'ancien ministre péquiste a relevé la grande capacité intellectuelle de M. Parizeau, de même que ses dons pédagogiques, sa popularité auprès des jeunes et des étudiants. Il savait captiver son auditoire.Comme tous ceux qui ont connu M. Parizeau, M. Paquette souligne sa détermination, ses convictions inébranlables jusqu'à la fin.