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02/06/2015 10:34 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Jacques Parizeau salué comme un bâtisseur du Québec et un grand homme d'État

MONTRÉAL - Jacques Parizeau a été l'un des acteurs de la construction du Québec moderne, un homme de convictions dont le projet de pays n'a cessé d'occuper ses pensées, rappelle l'ex-chef du Bloc québécois Gilles Duceppe.M. Duceppe demandait encore l'avis ces derniers temps de l'ex-premier ministre du Québec, un «homme de grande réflexion» qui était encore actif en politique.Il le savait malade, mais pas que sa santé s'était détériorée à ce point.M. Duceppe a rappelé que Jacques Parizeau a récemment participé aux travaux de la commission québécoise sur l'assurance-emploi qu'il a présidée en 2013.Il relate que l'homme s'était préparé pour ce travail dans les moindres détails, bardé de notes. Il se souviendra de lui comme d'un homme qui alliait la rigueur du professeur à la passion d'un jeune étudiant.Travaillant pour moderniser le Québec, Jacques Parizeau a rapidement vu les limites qui étaient imposées à la province, et est devenu souverainiste à ce moment, a expliqué M. Duceppe en entrevue.Il rappelle les créations de M. Parizeau, notamment la Régie des rentes du Québec, la Caisse de dépôt et le financement de la nationalisation d'Hydro-Québec. Devant le refus des financiers canadiens, M. Parizeau, loin de baisser les bras, a trouvé l'argent nécessaire à New York.L'homme avait aussi un grand courage selon l'ancien leader bloquiste, notamment celui d'avoir déclenché le référendum de 1995.Ses qualités de rassembleur ont contribué à mener le projet d'indépendance plus près du but qu'il ne l'avait jamais été, estime-t-il.Un grand homme d'ÉtatL'un de ses plus proches collaborateurs, qui fut un temps candidat à la direction du Parti québécois, Jean-François Lisée, lui a rendu hommage sur Twitter, en le liant aux «trois faiseurs d'histoire» avec l'ancien premier ministre René Lévesque et Camille Laurin, le père de la Charte de la langue française.«Un immense deuil s'ouvre cette nuit, a écrit le député péquiste de Rosemont. Un géant s'est éteint. Ses idées éclairent l'avenir.»Son biographe Pierre Duchesne a simplement noté que «le combattant est allé se reposer».Un autre témoignage est venu du petit-fils de M. Parizeau.«Mon grand-père était un homme incroyable, il m'a beaucoup apporté, a écrit son petit-fils Hadrien, qui a suivi les traces de son aïeul au sein du mouvement indépendantiste. Les conseils qu'il m'a donnés, lors des inoubliables moments passés avec lui, continueront à me guider à jamais. Merci Grand-papa.»Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, un ancien ministre péquiste, a offert ses condoléances à ce «grand homme d'État avec qui j'ai eu le privilège de discuter souvent de l'économie du Québec».Le maire de Montréal Denis Coderre a annoncé que les drapeaux de la ville de Montréal aussi seraient en berne «par respect pour monsieur Parizeau». Il a qualifié l'ancien premier ministre de «l'un des grands serviteurs du Québec». Il a ajouté avoir «toujours respecté l'homme public et l'homme de conviction qu'il était».Mario Dumont, ancien chef du parti Action démocratique du Québec, qui avait fait campagne aux côtés de Jacques Parizeau pour le référendum de 1995, a salué son «sens de l'État» et l'a qualifié de véritable «encyclopédie sur le Québec». De même, il a souligné ses «convictions profondes, son respect des humains et des institutions».Par voie de communiqué, la Société Saint-Jean-Baptiste a transmis ses hommages. Intitulé «Reposez en paix, Monsieur», le texte signé par le président général de la Société, Me Maxime Laporte, souligne «l'homme politique extraordinaire» qu'il aura été. «Il fut sans conteste l’un des plus importants bâtisseurs du Québec moderne, ce même Québec que certains politiciens ordinaires s’affairent aujourd’hui à démolir.»