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02/06/2015 15:33 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Fifa - Valcke, un numéro 2 habitué des Unes à scandale

Litige avec des sponsors à 90 millions de dollars, colère d'un Brésil incité à se "botter les fesses": Jérôme Valcke, le numéro 2 de la Fifa, fait souvent la Une pour de mauvaises raisons, et cette fois, même si son instance l'a dédouané, les accusations du New York Times ont conduit son président Joseph Blatter à démissionner mardi.

. L'Afrique du Sud, meilleur souvenir devenu cauchemar

Ce Français de 54 ans qui possède aussi la nationalité sud-africaine, marié à une femme de ce pays, et pour qui le meilleur souvenir reste "la Coupe du monde en Afrique du Sud", défraie donc la chronique pour un mouvements de fonds passés par la nation "arc-en-ciel".

Le New York Times accuse Valcke d'avoir transféré 10 M USD (9,1 M EUR) sur des comptes gérés par l'ancien vice-président de l'organisation Jack Warner, mis en cause par la justice américaine dans un vaste scandale de corruption.

"En 2007, dans le cadre de la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, le gouvernement sud-africain a approuvé un projet de 10 M USD pour aider la diaspora africaine dans les Caraïbes", se défend la Fifa, assurant que "ni Jérôme Valcke ni aucun haut responsable de la Fifa n'était concerné".

Mais le tollé mondial suscité par ces nouvelles allégations a conduit Blatter à démissionner dans la soirée.

. Renvoyé de la Fifa puis réintégré

L'histoire de Valcke --qui devrait selon toute logique partir en même temps que Blatter au moment du nouveau Congrès extraordinaire électif, soit entre décembre 2015 et mars 2016-- est particulièrement tortueuse.

L'homme de haute stature aux lunettes rectangulaires avait rejoint la Fifa en juin 2003 en tant que directeur marketing. Mais au coeur d'un litige --qui coûtera 90 millions de dollars (environ 82 M EUR) à la Fifa-- entre deux sponsors de la maison mère du foot mondial, Mastercard et Visa, il sera renvoyé trois ans plus tard par Blatter... qui le reprendra en juin 2007, six mois après, avec une belle promotion au rang de N2.

Cette dernière nomination mit en lumière la progression express de celui qui était entré chez Canal + comme journaliste en 1984, avant d'en devenir directeur adjoint du Service des Sports en 1991. En 1997, Canal + crée Sport+ et lui en confie la direction, qu'il garde jusqu'en 2002. Suite à la fusion de Sport+ dans Sportfive, il en occupera pendant un an, de 2002 à 2003, le poste de "Chief Operating Officer" avant son premier passage à la Fifa.

. Une trop grande liberté de ton?

Valcke est un homme affable, charmeur, au discours très, voire parfois trop libre, ce qui lui a valu de sérieux tracas. Quand, impatient devant les retards sur les chantiers du Mondial-2014, il incite les Brésiliens à se "botter les fesses", il provoque un scandale monstre au pays du football roi, de l'homme de la rue aux sphères politiques. Il lui faut ensuite faire profil bas pour ne pas rester "persona non grata" au royaume de Pelé et Ronaldo.

Valcke est resté célèbre aussi pour ce commentaire: "je vais dire quelque chose de fou, mais un moindre niveau de démocratie est parfois préférable pour organiser une coupe du Monde. Quand on a un homme fort à la tête d'un Etat qui peut décider, comme pourra l'être Poutine en 2018, c'est plus facile pour les organisateurs qu'avec un pays comme l'Allemagne où il faut négocier à plusieurs niveaux".

En 2011, c'est un de ses mails rendus public, qui déclencha une belle tempête médiatique. Le N2 de la Fifa y écrit au sujet de Mohamed Bin Hammam, obligé de retirer sa candidature face à Blatter pour avoir acheté des voix (ce qui lui vaudra une radiation à vie): "peut-être qu'il (Bin Hammam) pensait qu'il pouvait acheter la Fifa comme ils (les Qataris) ont acheté le Mondial (2022)". Le comité Qatar-2022 exige alors des explications "urgentes". Valcke reconnaît l'email en question, mais se retranche derrière un "ton plus léger" et "moins formel", parlant de la "puissance financière" du Qatar, "pas d'achat de voix". L'histoire se mord la queue. Un des volets judiciaires qui concerne la Fifa concerne l'attribution controversé du Mondial-2022 au Qatar.

pgr/el