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02/06/2015 04:48 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Décès de Jacques Parizeau : l'homme imposait le respect en Acadie

L'ancien premier ministre du Québec, Jacques Parizeau, ne s'est jamais particulièrement intéressé à l'Acadie, contrairement à d'autres chefs péquistes, ce qui n'empêche pas des Acadiens qui l'ont connu de lui rendre hommage,à l'occasion de son décès.

« C'était un homme profondément intègre », déclare Jean-Marie Nadeau, ancien président de la Société de l'Acadie du N.-B.. « M. Parizeau était comme la compétence économique tranquille pour les péquistes. Il rassurait beaucoup et les marchés et le milieu des affaires parce qu'il était un grand expert économique. [...] Ma grand-mère, qui a vécu les derniers 10 ans de sa vie au Québec, n'aimait pas le PQ, mais elle aimait Jacques Parizeau. »

M. Nadeau a rencontré à quelques reprises Jacques Parizeau dans des cocktails. Il le décrit comme un homme affable, mais qui n'avait pas une affection particulière pour l'Acadie, sans être anti-acadien.

Il estime toutefois qu'il était un homme d'État de grande stature, qui a beaucoup contribué à moderniser l'économie du Québec. Il est parmi les dernières personnalités politiques de premier plan, dit-il. « Y'en a plus beaucoup de grands politiciens de cette trempe-là qui inspirent et qui font avancer. Pierre-Karl Péladeau, je ne suis pas sûr qu'il est de la même trempe et de la même école que M. Parizeau. »

« Il faisait des efforts pour comprendre »

Aurèle Thériault a été directeur de la Société des Acadiens du N.-B au début des années 80, puis il a occupé le même poste à l'ancienne Fédération des francophones hors Québec, jusqu'en 1990. À ce titre, il a rencontré M. Parizeau dans le cadre de réunions sur les relations entre le Québec et les francophones des autres provinces.

Comme Jean-Marie Nadeau, il a gardé le souvenir d'un homme de conviction, mais qui n'avait pas un grand intérêt pour les minorités francophones du Canada. « Je ne dirais pas qu'il était perçu comme un grand ami de la Francophonie, je pense qu'il faisait des efforts pour comprendre, mais on avait toujours l'impression un peu qu'il avait abandonné cette cause-là parce qu'il trouvait que le Québec lui-même avait de la difficulté à survivre, donc il ne pouvait pas voir comment le reste du Canada francophone allait échapper à l'assimilation. »

Jacques Parizeau ne fermait jamais la porte toutefois à des programmes pour aider les communautés francophones, précise-t-il.

Pour sa part, Robert Asselin présidait la campagne du Non sur le campus du Centre universitaire de Moncton, lors du référendum de 1995, au Québec.

Même s'il ne partageait pas les convictions souverainistes de Jacques Parizeau, il reconnaît les qualités de l'homme. « « M. Parizeau, il faut le souligner aujourd'hui, a toujours été un homme de conviction, de principe. Évidemment, son rêve était le faire l'indépendance; il a échoué, mais il faut quand même reconnaître les qualités derrière l'homme. »

Plus que son rôle de chef de gouvernement, Jacques Parizeau a laissé sa marque comme haut fonctionnaire, selon M. Asselin. « Jacques Parizeau, pour moi, c'est une des personnes responsables pour l'éducation de l'État moderne québécois, donc la Révolution tranquille. C'était l'homme derrière Jean Lesage qui a fait les grandes réformes de l'État québécois et moi c'est cette partie de son héritage, pour moi, qu'il est important de célébrer aujourd'hui. »