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02/06/2015 03:27 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Concurrence déloyale: le patron d'Etihad dénonce une "campagne" américaine

Le patron d'Etihad Airways a déclaré que sa compagnie "ne pouvait pas rester les bras croisés" face aux accusations américaines de concurrence déloyale et que les compagnies américaines bénéficiaient elles-mêmes de subventions, dans une lettre publiée mardi.

En mars, American Airlines, Delta Air Lines et United Airlines ont accusé leurs concurrentes du Golfe --Etihad Airways, Emirates et Qatar Airways-- d'avoir reçu au total 42 milliards de dollars de subventions de leurs gouvernements de tutelle depuis 2004. Une vive polémique se poursuit depuis.

"Etihad n'a pas cherché cet affrontement", souligne le patron de la compagnie émiratie James Hogan dans une lettre adressée aux départements d'Etat, du Transport et du Commerce américains et publiée par Etihad à Abou Dhabi qui dénonce une "campagne conjointe" d'American Airlines, de Delta Air Lines et d'United Airlines.

"Nous ne pouvons pas rester les bras croisés face à ces compagnies et leurs mandataires qui essaient de nous diffamer, sur la façon dont nous opérons dans nos affaires" et sur les Emirats arabes unis, dit-il.

Réfutant les accusations de concurrence déloyale et de subventions, le patron d'Etihad affirme: "nous n'avons jamais caché que nous avons reçu du capital et des prêts d'actionnaire, ce qui n'a rien d'inhabituel pour des compagnies aériennes ou, soit dit en passant, pour de nombreuses entreprises".

M. Hogan passe ensuite à l'attaque, affirmant que les trois compagnies américaines ont, elles, reçu depuis l'an 2000 des avantages totalisant plus de 70 milliards de dollars des autorités américaines et via des processus judiciaires, comme le Chapitre 11 sur les faillites.

"Dans de nombreux marchés, les compagnies aériennes réagissent à la nouvelle compétition que nous incarnons en améliorant leurs propres offres aux consommateurs. Il est ironique que nous soyons attaqués dans le pays de la libre compétition, un marché où nous ne représentons qu'une minuscule fraction de 1% des départs internationaux", souligne M. Hogan.

Il appelle le gouvernement américain à garder "le ciel ouvert" à la compétition qui bénéficie selon lui aux consommateurs, aux travailleurs, aux transporteurs, au tourisme et au commerce américains.

Les compagnies du Golfe sont apparues ces dernières années comme de redoutables concurrentes pour les compagnies américaines et européennes. Dubaï, Abou Dhabi et Doha sont également devenues de gigantesques plateformes aériennes qui rivalisent avec les plus grands aéroports occidentaux.

Etihad Airways, compagnie plus petite que Emirates et Qatar Airways, transporte près 15 millions de passagers par an vers plus de 110 destinations.

ras/cbo