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02/06/2015 08:05 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Birmanie: deux ans de prison pour "insulte à la religion"

Un écrivain birman proche du parti de l'opposante Aung San Suu Kyi a été condamné mardi à deux ans d'enprisonnement pour "insulte à la religion", dans un pays sous l'influence de moines bouddhistes promoteurs d'une politique antimusulmane.

Htin Lin Oo, écrivain et membre de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Suu Kyi, a été condamné par le tribunal de Chaung O, dans la région de Sagaing (centre de la Birmanie).

"Il a critiqué ceux qui, au nom de Bouddha, de la Nation, de la race et de la religion incitent aux discours de haine", a déclaré à l'AFP son avocat, Thein Than Oo.

Au coeur du procès: un discours donné en octobre 2014. Sa circulation sur les réseaux sociaux avait suscité la colère des bouddhistes nationalistes et conduit à l'emprisonnement de l'écrivain le 17 décembre 2014.

Amnesty International a critiqué cette décision de justice, qualifiant Htin Lin Oo de "prisonnier de conscience", injustement condamné pour "n'avoir fait que s'exprimer en faveur de la tolérance religieuse".

Des organisations bouddhistes extrémistes comme le mouvement 969 du moine Wirathu sont à l'origine d'un nationalisme ayant conduit à des lois accusées de viser la minorité musulmane, notamment en limitant les mariages interreligieux ou le nombre d'enfants par femme.

De violentes émeutes communautaires ont fait 200 morts en 2012, notamment des musulmans, dans l'ouest du pays, fui depuis en masse par la minorité musulmane des Rohingyas.

Amnesty s'inquiète plus largement d'un retour en arrière en Birmanie, après une ouverture du pays depuis l'autodissolution de la junte en 2011 et la libération des prisonniers politiques.

"Malgré la promesse de vider les geôles des prisonniers de conscience, les arrestations de manifestants pacifiques ont atteint des niveaux alarmants depuis deux ans", s'inquiète Amnesty International.

Le cas récent le plus emblématique est l'arrestation, le 10 mars, de plus de 100 manifestants lors d'une marche dénonçant une réforme de l'enseignement supérieur comme antidémocratique. Nombre des étudiants sont toujours en prison, dans l'attente de la fin de leur procès.

Un Néo-Zélandais fait lui aussi les frais du raidissement actuel autour de questions religieuses en Birmanie et a été condamné en mars, avec deux collègues birmans, à deux ans et demi de prison avec travaux forcés après l'utilisation d'une image de Bouddha pour une publicité pour son bar.

hla-dth/at