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02/06/2015 05:15 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Après une halte imprévue au Japon, Solar Impulse attend un ciel plus clément

Contraint à une halte imprévue au Japon, l'avion révolutionnaire Solar Impulse 2 attend de reprendre les airs vers Hawaï, mais l'attente sur le tarmac de Nagoya pourrait se prolonger en raison d'une météo capricieuse.

A Nagoya, le pilote suisse André Borschberg cachait mal son impatience.

Les membres de l'équipe qui devaient le rejoindre avec un précieux abri pour l'avion hors normes étaient bloqués à l'aéroport de Shanghai... pour cause d'intempéries.

De nombreux vols y étaient retardés ou annulés par de fortes pluies.

"Combat contre la montre. Nous attendons de construire le hangar mobile pour protéger Solar Impulse contre le mauvais temps", a écrit l'aventurier de 62 ans sur son compte Twitter, en remerciant une nouvelle fois les autorités japonaises pour leur accueil.

L'appareil s'était envolé dimanche à 02h39 (18h39 GMT samedi) de Nankin (est de la Chine) pour la plus périlleuse des étapes de son tour du monde destiné à promouvoir les énergies renouvelables, et en particulier l'énergie solaire.

Mais sa traversée du Pacifique, censée durer six jours et six nuits pour une distance de 8.500 km, a tourné court quand la météo s'est dégradée, et l'avion a dû se poser lundi peu avant minuit (15h00 GMT) à Nagoya (centre du Japon).

- Ovni -

Avant l'atterrissage, des habitants ébahis ont cru voir un Ovni, une vingtaine ayant même appelé la police ou les pompiers.

Mardi, des curieux tentaient d'apercevoir l'insolite engin depuis un parc voisin.

Cette escale impromptue ne remet pas en cause le projet, a cependant assuré M. Borschberg aux journalistes à son arrivée sur le sol nippon et déjà prêt à repartir.

"Quel vol ! Hâte de poursuivre cette aventure avec Bertrand Piccard", son binôme, a-t-il lancé aux internautes.

Déçue mais combative, l'équipe de Solar Impulse préférait retenir l'exploit accompli. "Félicitations, André, pour ce vol fantastique", s'est-elle exclamé, ajoutant: "3.265 km et 45 heures seul dans le ciel", "le plus long vol solaire jamais réalisé à la fois en distance et durée".

"Première partie dans le Pacifique accomplie. Impatient de continuer dès que le temps le permettra", a de son côté tweeté M. Piccard.

Un peu plus tôt, il avait expliqué à l'AFP qu'il était plus sage de "faire un atterrissage intermédiaire à Nagoya et de là, attendre que les conditions météo s'améliorent". "C'était le dernier endroit où on pouvait atterrir de manière sûre. Les petites îles ici et là dans le Pacifique ne sont pas du tout des solutions".

"Le tour du monde n'avance peut-être pas aussi vite qu'on aimerait, mais on ne fait pas une course de vitesse. Le but, c'est d'y arriver", avait-il souligné.

- 'Un rêve devenu réalité' -

Solar Impulse 2, dont les ailes sont tapissées de plus de 17.000 cellules photovoltaïques, a une envergure de 72 mètres, soit plus que celle d'un Boeing 747, et un poids initial de 2,3 tonnes, allégé pour l'occasion.

Cet engin futuriste était parti le 9 mars d'Abou Dhabi pour un tour du monde de 35.000 kilomètres, à la fois défi technologique et exploit aéronautique. Il a ensuite fait escale au sultanat d'Oman, en Inde, en Birmanie, puis en Chine, où il est resté cloué au sol plus d'un mois en raison d'une météo défavorable.

Avant ce trajet Nankin-Nagoya, l'avion n'avait jamais volé aussi longtemps. "Le rêve des ingénieurs est devenu réalité (...): Solar Impulse a pu passer sans encombre une nuit sans une goutte d'essence, se ressourcer au lever du soleil et aller de l'avant", s'est enthousiasmé Bertrand Piccard.

Pour tenir le rythme, André Borschberg s'est astreint à un rigoureux programme, ponctué d'exercices de yoga et de courts sommes d'une vingtaine de minutes sur son siège, équipé d'un système de toilettes.

Dans sa cabine monoplace non pressurisée, le pilote est soumis à de rudes conditions, affrontant des altitudes himalayennes et variations de températures de 55 degrés.

"Dans le pire des cas, nous avons un parachute, un radeau de survie et on sait s'en servir. Evidemment, on espère qu'on n'aura pas à le faire", avait récemment confié le pilote suisse.

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