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02/06/2015 03:27 EDT | Actualisé 02/06/2016 01:12 EDT

Afghanistan: neuf employés locaux d'une ONG tchèque tués dans le Nord (autorités)

Neuf employés afghans d'une ONG tchèque ont été tués dans la nuit de lundi à mardi dans la province de Balkh, au nord de l'Afghanistan, dans une nouvelle attaque visant des humanitaires dans le pays, a-t-on appris mardi auprès de responsables locaux.

Les victimes sont "sept travailleurs humanitaires -- six hommes et une femme -- et deux gardes", a précisé à l'AFP Abdul Razaq Qaderi, adjoint au chef de la police de Balkh, une des provinces habituellement les plus calmes du pays.

M. Qaderi a accusé les rebelles talibans d'être derrière cette attaque, qui n'avait pas été revendiquée en milieu de matinée.

La résidence où logeaient les employés de l'organisation People in Need (PIN) a été attaquée par des hommes armés au cours de la nuit.

"Malheureusement, la nuit dernière, des inconnus armés ont attaqué notre résidence à Zari et a tué neuf de nos employés", a dit à l'AFP un responsable de PIN sous couvert de l'anonymat.

L'information a été confirmée par Monir Farhad, le porte-parole du gouverneur de la province. "Vers minuit, des hommes armés ont attaqué la résidence dans le district de Zari à Balkh", a-t-il dit à l'AFP.

Les organisations humanitaires ont été régulièrement attaquées ces dernières années en Afghanistan: en 2014, 57 travailleurs humanitaires y ont été tués selon la mission de l'ONU sur place.

Le 13 mai dernier, une attaque des talibans sur une résidence fréquentée par des étrangers a fait 14 morts, en majorité des travailleurs humanitaires étrangers et afghans.

En avril, les corps de cinq travailleurs humanitaires afghans travaillant pour Save the Children, avaient été retrouvés criblés de balles, dans la province d'Uruzgan (sud).

A Kaboul, la dernière attaque marquante directe contre une organisation humanitaire avait visé l'Organisation Internationale pour les migration (OIM) en mai 2013. Une humanitaire italienne avait alors été tuée.

L'ONG PIN est présente en Afghanistan depuis 2001 et travaille dans le secteur de l'éducation et du développement.

Cette attaque s'inscrit dans un contexte de combats quasi quotidiens entre les forces gouvernementales et les insurgés islamistes qui ont lancé leur "offensive de printemps" fin avril.

Le Nord, hormis la région instable de Kunduz, à un peu plus de 100 km à l'est de Mazar-i-Sharif, est habituellement épargné par les attaques rebelles, qui se concentrent surtout au sud et à l'est, principaux bastions des talibans.

Cette nouvelle "saison des combats" est la première sans la présence massive des forces internationales, après les 13 années de conflit qui ont suivi la chute du régime taliban en 2001.

Depuis le départ de l'essentiel des troupes de combat de l'Otan en décembre, les forces de sécurité afghanes sont seules face à l'insurrection talibane. Une force résiduelle de quelque 12.500 hommes est restée sous la bannière de l'Otan pour assurer la formation de l'armée locale jusqu'en 2016.

Parallèlement, les efforts du président afghan Ashraf Ghani arrivé au pouvoir en septembre 2014, pour tenter de mener les talibans à la table des négociations à la faveur notamment d'un rapprochement diplomatique avec le Pakistan voisin, n'ont pas porté les fruits escompté à ce jour.

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