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01/06/2015 10:49 EDT | Actualisé 01/06/2016 01:12 EDT

Une semaine cruciale pour la réconciliation entre les Premières Nations et le Canada

C'est un appel à l'ouverture que le chef de l'Assemblée nationale des Premières Nations, Perry Bellegarde, a lancé aux gouvernements et aux Canadiens de partout au pays, lundi, à la veille de la publication du rapport de la commission Vérité et réconciliation.

« Nous devons nous concentrer sur le développement de meilleures relations, réduire les écarts, parce qu'il sera difficile de se concentrer sur la réconciliation », a indiqué le chef Bellegarde lors d'une conférence de presse, lundi après-midi.

Si cette réconciliation s'annonce difficile, a-t-il poursuivi, c'est parce que les maux qui affligent les communautés autochtones de partout au pays demeurent bien réels près de 140 ans après l'adoption de la Loi sur les Indiens.

Une famille autochtone sur quatre vit dans la pauvreté, a rappelé le chef Bellegarde.

Les résidents de 120 communautés doivent toujours faire bouillir leur eau avant de la consommer.

Les logements dans les communautés sont surpeuplés et en décrépitude; il en manque 135 000.

Seuls 35 % des Autochtones obtiennent un diplôme d'études secondaires.

La violence demeure prépondérante, comme le montre le cas de quelques 1200 femmes et filles autochtones tuées ou portées disparues au cours des dernières années, a encore dit le chef Bellegarde, et le nombre d'enfants confiés aux soins des gouvernements provinciaux demeure élevé.

Le chef Bellegarde invite donc Ottawa et les provinces, mais aussi l'ensemble des Canadiens, à adopter de nouvelles façons de voir les choses, notamment au sujet de la reconnaissance des titres aborigènes et de l'économie des peuples autochtones.

« Il y a un énorme besoin de vraiment reconstruire cette relation, et de dire auCanada et au monde ce qui est arrivé ici », a-t-il dit.

Selon lui, le respect des traités portant sur les droits des peuples autochtones sont une des clés de la réconciliation à venir. La signature par Ottawa de la déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, a-t-il ajouté, est en ce sens un « strict minimum ».

Le chef Bellegarde a aussi invité les Canadiens à se débarrasser de leurs préjugés envers les Autochtones, et notamment de leurs « attitudes discriminatoires et racistes » envers eux, afin de refonder leur relation.

Il a rappelé le « puissant message » livré par le juge en chef de la Cour suprême, Beverly McLachlin la semaine dernière, lorsqu'elle a fait référence au « génocide culturel » subi par les Premières Nations.

Au regard de la situation actuelle, le chemin s'annonce long, a-t-il prévenu, en appelant les gouvernements à travailler de concert avec les peuples autochtones pour construire un Canada plus inclusif.

« C'est une semaine très importante, mais ça ne devrait pas se limiter à cette semaine. Et le message qu'on envoie à tout le monde, les gouvernements et les Canadiens de partout au pays, c'est que lorsqu'on comble le fossé, c'est bon pour tout le monde. »

« Quand on investit dans la formation et l'éducation, dans des logements appropriés et l'eau potable, c'est bon pour tout le monde. Parce que quand nous gagnons, tout le monde gagne », a-t-il poursuivi.

Peu après la conférence de presse de M. Bellegarde, le ministre des Affaires Autochtones Bernard Valcourt a fait une déclaration sur la réconciliation à la Chambre des communes.