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01/06/2015 17:19 EDT | Actualisé 01/06/2016 01:12 EDT

Jean-Marc Fournier réplique à une lettre de plainte de Québecor

QUÉBEC - Le leader parlementaire libéral Jean-Marc Fournier a invité lundi le conglomérat Québecor, contrôlé par le chef péquiste Pierre Karl Péladeau, à respecter la liberté d'expression des parlementaires, malgré une lettre de l'entreprise demandant au gouvernement de la laisser à l'écart des débats partisans.M. Fournier a exhibé lors d'un point de presse lundi une lettre écrite par le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Dion.«Je me permettrai de dire que je n'ai jamais reçu de lettres de ce genre malgré le fait que je fasse de la politique depuis 20 ans, a-t-il dit. Je ne sais pas s'il y en a beaucoup qui en ont reçu dans le passé. Dans cette lettre, M. Dion demande à ce qu'on ne parle pas de Québecor ou de Vidéotron à l'Assemblée nationale.»Dans la lettre, datée du 27 mai, M. Dion fait référence à une intervention en Chambre, la semaine dernière, dans laquelle le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, donnait l'exemple des taux d'intérêt pratiqués par Vidéotron, une filiale de Québecor.«J'aimerais amicalement vous faire part de notre souhait de demeurer à l'écart de tout débat politique partisan», a écrit M. Dion.M. Fournier a signifié à son tour par lettre à M. Dion qu'en vertu des règles de l'Assemblée nationale, les parlementaires sont libres de s'exprimer sans «aucune contrainte» ni «entrave extérieure».«Je tiens à vous annoncer d'emblée que nous allons poursuivre notre travail à titre de parlementaires à la lumière de ces règles, a-t-il écrit. J'espère que votre entreprise sera respectueuse du mandat démocratique de tous les parlementaires.»Aux journalistes, M. Fournier a expliqué que l'intervention de M. Arcand avait servi à illustrer les contradictions dans le camp péquiste, alors que le député Bernard Drainville jugeait déraisonnable les taux pratiqués par Hydro-Québec sur les paiements en retard de ses abonnés.En Chambre, mercredi, M. Arcand avait répliqué que les taux de Vidéotron sont de 19,56 pour cent, comparativement à 14,4 pour cent pour la société d'État, a rappelé M. Fournier.«Il est tout à fait pertinent de remettre le Parti québécois devant ses propres contradictions, a-t-il dit. Un député trouve qu'un taux à 14,4 pour cent, c'est usuraire; le chef de l'opposition est actionnaire de contrôle d'une compagnie qui a un taux de 19 pour cent.»Selon M. Fournier, cette situation illustre les difficultés auxquelles s'exposeront M. Péladeau et Québecor tant que des mesures claires n'auront pas été mises en place pour créer une distance entre eux.«Québecor se plaint d'être amenée dans le débat politique partisan, a-t-il dit. C'est son actionnaire de contrôle qui l'amène dans ce débat. Il revient à M. Péladeau et Québecor de trouver une solution. Il s'agit d'une illustration des conséquences de l'absence de mur séparateur entre la charge du chef de l'opposition officielle et l'actionnaire de contrôle de l'entreprise.».Selon les libéraux, M. Péladeau doit choisir entre son implication politique et le contrôle de son conglomérat. Le chef de l'opposition officielle s'est de son côté engagé à placer volontairement ses actions dans une fiducie sans droit de regard, avec interdiction de vendre les actifs, une disposition réservée aux seuls membres du conseil des ministres.