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31/05/2015 12:26 EDT | Actualisé 31/05/2016 01:12 EDT

Tour d'Italie - Le triomphe rose de Contador

L'Espagnol Alberto Contador, qui a triomphé pour la deuxième fois dans le Tour d'Italie, dimanche à Milan, a réalisé le premier volet de son défi, réussir le doublé Giro-Tour.

"Je savais que ce serait un Giro très exigeant. Mais je ne l'imaginais pas aussi compliqué", a reconnu le Madrilène de l'équipe Tinkoff, qui a pris le maillot rose dès la 5e étape, à Abetone. Il l'a conservé jusqu'au bout des 3501 kilomètres, hormis un intermède d'une journée au profit du jeune Italien Fabio Aru (24 ans).

Sa défaillance inattendue à la veille de l'arrivée, "une déshydratation" a-t-il expliqué, confirme le propos. Sur les pentes du col du Finestre, Contador a donné pour la première fois des signes de faiblesse. Sans remettre en cause son succès final, avec près de deux minutes d'avance sur Aru, en progression pour sa part d'une place sur le podium.

Une chute à l'arrivée de la 6e étape, dont les conséquences (épaule gauche démise) ont été dramatisées par l'Espagnol et son entourage, un autre accident à la veille du contre-la-montre quand il a été pris dans une chute collective, ont émaillé l'avancée de Contador sur les routes italiennes.

Le KO ou peu s'en faut ? Contador l'a porté à ses rivaux dans le très long (59,4 km) contre-la-montre de Valdobbiadene avant de contrôler en montagne les attaques de l'équipe Astana.

. LA REVELATION LANDA

La formation kazakhe a couru pour Aru, son chef de file désigné après sa troisième place de l'année passée. Mais, au fil des jours, elle s'est découvert un grimpeur de première force, l'Espagnol Mikel Landa, vainqueur des étapes de Madonna di Campiglio puis du Mortirolo.

Aru, incandescent durant la première semaine, s'est éteint par la suite. Avant de renaître de plus belle dans les deux dernières journées de haute montagne (deux succès d'étape à Cervinia et Sestriere). Dans son ombre, Landa s'est affirmé sans que son équipe choisisse de tout miser sur le jeune grimpeur basque (25 ans), dont le contrat s'achève à la fin de l'année.

"Nous avons gagné cinq étapes, le classement par équipes et placé deux hommes sur le podium (Aru 2e, Landa 3e) derrière un coureur qui s'appelle Contador, pas Rantanplan", a ironisé le directeur sportif Giuseppe Martinelli, dans le journal organisateur La Gazzetta dello Sport, pour couper court à toute polémique sur la tactique adoptée.

Contador a souligné la force collective de l'équipe rivale, sur la sellette en début de saison après plusieurs cas de dopage l'année passée: "Elle a été supérieure à toutes les autres. Quand il y avait dix coureurs devant, on retrouvait cinq de l'Astana."

. LA TETE AU TOUR DE FRANCE

A l'inverse, sa propre formation l'a souvent laissé isolé dans les moments chauds de la course, bien que le "Pistolero" ait -logiquement- défendu ses coéquipiers: "Sans eux, je n'aurais pas le maillot rose."

La course, constamment animée avec des débuts d'étape souvent très rapides, s'est avérée éprouvante. Au point de laisser planer un doute sur la possibilité pour Contador de récupérer dans les 33 jours qui séparent le Giro du départ du Tour de France à Utrecht (Pays-Bas).

"J'ai dépensé plus d'énergie que ce que j'aurais voulu", a reconnu l'Espagnol à propos de sa victoire, sa deuxième dans le Giro après celle de 2008 lors de sa première venue. Entre-temps, son succès de 2011 lui a été retiré à cause du contrôle antidopage positif du Tour 2010.

Mais, a ajouté "el rey Contador" qui, à 32 ans, est le plus titré de sa génération dans les courses par étapes, "plus le défi (de gagner le Tour après le Giro) est haut, plus il m'attire".

A Milan, où le Belge Iljo Keisse s'est adjugé la 21e et dernière étape, Contador l'a confirmé: "Dès maintenant, je pense au Tour."

Ce sera peut-être l'occasion pour le propriétaire de l'équipe, le fantasque magnat russe Oleg Tinkov, de se teindre les cheveux en jaune fluo, après s'être essayé au rose dimanche sur le Corso Sempione.

jm/sk