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31/05/2015 00:45 EDT | Actualisé 30/05/2016 01:12 EDT

Les ambassadeurs à Washington en vadrouille pour découvrir l'Amérique profonde

"Excellences, est-ce que les pays d'Afghanistan à Kazakhstan peuvent embarquer en premier ?": un peu comme pour une sortie de classe, une soixantaine d'ambassadeurs à Washington ont récemment embarqué ensemble pour une expédition d'une journée en Virginie.

La sortie était organisée par le département d'Etat, dans le cadre d'un programme baptisé "Experience America". Il est destiné à permettre aux ambassadeurs de connaître autre chose de l'Amérique que les jeux de pouvoir de la capitale fédérale.

Après notamment Seattle, San Francisco, Chicago et la Nouvelle-Orléans, l'expédition en Virginie --l'un des berceaux de la démocratie américaine-- était la 17e de ce programme lancé sous George W. Bush et exclusivement financé par des fonds privés.

"Il s'agit à la fois de nouer des liens avec des responsables d'entreprise sur tout le territoire des Etats-Unis", et de "s'immerger dans la culture et dans l'histoire" du pays, a expliqué Peter Selfridge, le chef du protocole du département d'Etat.

Pour cette sortie, les ambassadeurs se rendent notamment au Capitole (parlement) de Virginie, la plus ancienne institution parlementaire du continent américain.

"J'ai vu que les députés sont des élus du peuple qui travaillent à mi-temps. Ils retournent à leur travail quotidien une fois qu'ils ont fini de légiférer", a salué l'ambassadrice du Niger, Hassana Alidou.

Leur mandat est une "opportunité de servir, plus que de recevoir", a-t-elle noté.

Les ambassadeurs sont aussi reçus dans l'élégante résidence du gouverneur de Virginie, où ils sont régalés de produits locaux, huîtres chaudes au jambon, soupe d'arachide et poulet local, apparemment très apprécié.

"Mon vieil ami" l'ambassadeur d'Oman Hunaina Sultan Ahmed al-Mughairy est intéressé par l'achat "de tout le poulet que nous pouvons produire", a lancé le gouverneur de l'Etat, Terry McAuliffe.

Certains diplomates s'intéressent aux produits, aux infrastructures ou aux services qu'ils pourraient ramener dans leur pays, ou aux échanges éducatifs.

D'autres comme ceux de Djibouti, Lituanie et Bulgarie s'intéressent davantage aux investisseurs susceptibles de miser sur leur pays.

- 'Ca nous rapproche beaucoup' -

Le représentant de Dominion Power --ce groupe de Virginie est l'un des poids lourds de l'énergie aux Etats-Unis-- est assailli de questions sur le gaz naturel liquide (GNL), dont les Etats-Unis sont en train de devenir un grand producteur: pourquoi le groupe n'investit-il pas dans des terminaux de réception de GNL en Europe de l'Est, pour aider ces pays à se libérer de la dépendance au gaz russe ?

L'ambassadrice d'Ouganda, Oliver Wonekha, avait suivi la précédente expédition des diplomates à Seattle l'année dernière, et espère profiter des contacts noués à cette occasion.

A la Fondation Bill and Melinda Gates, du nom du fondateur de Microsoft, "nous avons vu des programmes de santé qui pourraient être utiles", a-t-elle expliqué.

La visite chez le constructeur aéronautique Boeing sera sans doute moins immédiatement utile: "Nous n'avons pas de compagnie aérienne, donc ce n'est pas pour maintenant."

Pour certains diplomates issus de pays aux moyens limités, ces voyages permettent de se déplacer aux Etats-Unis en limitant les ponctions dans le budget.

Et, pour tous, ces sorties restent une opportunité de mieux faire connaissance, loin de l'ambiance compassée des dîners de Washington.

"C'est très simple, très ouvert et très franc, ça nous rapproche beaucoup", a expliqué l'ambassadeur de Mongolie, Bulgaa Altangerel.

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