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31/05/2015 07:54 EDT | Actualisé 31/05/2016 01:12 EDT

L'Afrique du sud au box des accusés

Le président de la Fédération sud-africaine de football, Danny Jordaan a reconnu dimanche que le pays avait bien payé 10 millions de dollars en 2008, mais a assuré qu'il ne s'agissait en aucun cas d'achat de voix pour l'obtention du Mondial-2010.

Deux procédures judiciaires distinctes ont été diligentées par les justices américaine et suisse, pour corruption présumée à grande échelle au sein de la Fifa, avec l'arrestation de plusieurs élus, inculpations en rafales et perquisitions du siège de la Fédération.

L'acte d'accusation de la justice américaine publié mercredi accuse le gouvernement sud-africain et le comité de candidature du Mondial-2010 d'avoir versé 10 millions de dollars au Trinidadien Jack Warner, ancien président de la Confédération nord-américaine de football (Concacaf), en échange de trois voix en faveur de l'Afrique du Sud.

Les 10 millions de dollars, destinés à un fonds de développement de la Concacaf, ont, selon le journal Sunday Independent, été déduits des 100 millions de dollars versés à l'Afrique du Sud par la Fifa pour l'organisation du Mondial-2010.

L'argent a été viré via la Fifa, selon l'acte d'accusation qui implique un autre responsable sud-africain, le « complice no 16 », dont le nom n'a pas été révélé.

Interrogé par le Sunday Independent, Danny Jordaan, qui était le président du comité d'organisation du Mondial-2010, a reconnu que la somme avait bien été versée en 2008, quatre ans après que son pays eut été choisi.

« Comment aurions-nous pu payer un pot-de-vin pour des voix quatre ans après avoir été choisis? », a interrogé le président de la Safa, qui vient d'être élu maire de Nelson Mandela Bay (l'agglomération de Port Elizabeth).

« Je n'ai jamais payé de pot-de-vin, ou accepté de pot-de-vin, de qui que ce soit de toute ma vie, a-t-il ajouté. Nous ne savons pas qui est mentionné ici, faisant allusion au « complice no 16 ». Et je ne veux pas croire que c'est moi qui est visé. »

L'acte d'accusation américain évoque aussi un mystérieux porteur de valise, haut responsable du comité de candidature sud-africain, identifié simplement comme le « complice no 15 » qui aurait remis 10 000 dollars en liquide à un autre responsable sportif lors d'un rendez-vous organisé dans une chambre d'hôtel à Paris.

Tout comme Thabo Mbeki, président à l'époque, le gouvernement sud-africain actuel a rejeté avec véhémence les accusations de corruptions.

« Lorsque nous avons organisé la Coupe du monde de la Fifa en juin (2010) nous avons reçu un audit impeccable. Il n'a jamais été suggéré qu'une quelconque infraction ait eu lieu en Afrique du Sud », a déclaré le ministre à la Présidence Jeff Radebe.

Son collègue Fikile Mbalula, ministre des Sports depuis novembre 2010, a lui aussi balayé les accusations de la justice américaine, allant jusqu'à s'emporter: « On tourne un film! »

Le Mondial-2010, parrainé par Nelson Mandela dont ce fut la dernière apparition publique, a été un temps fort de l'Afrique du Sud post-apartheid.