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31/05/2015 05:31 EDT | Actualisé 31/05/2016 01:12 EDT

Hong Kong: échec d'une réunion entre députés prodémocratie et responsables chinois

Des députés prodémocratie de Hong Kong se sont dits déterminés à faire échec à la réforme électorale du gouvernement après une rencontre dimanche avec des responsables chinois qui n'a pas permis de dégager de compromis.

Le projet du gouvernement soutenu par Pékin prévoit de faire voter pour la première fois tous les Hongkongais majeurs à l'élection du chef de l'exécutif de ce territoire autonome chinois en 2017.

Cette réforme est toutefois assortie d'une clause limitant à deux ou trois le nombre de candidats, lesquels devront en outre avoir reçu l'aval d'un comité loyal au Parti communiste chinois.

Le mouvement prodémocratie hongkongais, qui dénonce une "démocratie tronquée", a paralysé l'an dernier pendant deux mois une partie de la ville.

Dimanche, des députés prodémocratie ont rencontré des responsables chinois dans la ville frontalière de Shenzhen (sud), à une heure de route environ de Hong Kong.

Cette rencontre était considérée comme celle de la dernière chance avant un vote des députés hongkongais sur le projet de réforme prévu au mois de juin.

Une majorité des deux tiers est requise alors que les députés prodémocratie représentent plus du tiers des sièges au Conseil législatif (Legco, le Parlement local) de l'ancienne colonie britannique, passée dans le giron de la Chine en 1997.

"Nous étions venus (...) pour essayer de trouver une issue à l'impasse", a déclaré à la presse le président du Civic Party, Alan Leong, après quatre heures d'échanges.

Comme redouté, chacun a campé sur ses positions: d'un côté 14 députés prodémocratie (sur 27), de l'autre 40 membres de l'Assemblée populaire nationale chinoise et l'actuel chef de l'exécutif hongkongais, Leung Chun-ying.

Le gouvernement chinois "ne cèdera pas" et "nous n'avons d'autre choix que d'opposer notre véto" au projet de réforme, a constaté Alan Leong.

Wang Guangya, directeur du Bureau des affaires de Hong Kong et Macao au Conseil des affaires de l'Etat (gouvernement) à Pékin, a jugé "regrettable" l'intransigeance des députés prodémocratie.

"L'autre partie a fait bloc, fermement accrochée à sa position (...). Je ne trouve cela ni constructif ni raisonnable", a-t-il dit. Avant la réunion, il avait répété que toute réforme devrait respecter la ligne fixée par Pékin.

Hong Kong jouit actuellement d'un statut à part en vertu du principe "un pays, deux systèmes" qui lui accorde en principe une large autonomie par rapport aux provinces continentales.

Mais certains craignent que les libertés ne s'estompent au profit d'une influence grandissante de Pékin.

L'accord de rétrocession à la Chine stipulait que le socialisme chinois ne serait pas exporté dans ce haut lieu de la finance internationale, rattaché pendant 155 ans à la couronne britannique. Le système économique, social et le mode de vie devaient rester inchangés.

Un millier de personnes ont manifesté dimanche après-midi dans le centre de Hong Kong pour commémorer la répression du Printemps de Pékin place Tiananmen le 4 juin 1989.

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