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31/05/2015 13:07 EDT | Actualisé 31/05/2016 01:12 EDT

GP d'Italie - Un bon coup de pouce pour Ducati, Suzuki et Aprilia

Réservoirs plus gros pour plus de puissance, pneus plus tendres pour plus de vitesse: favorisés cette saison par le règlement afin d'assurer leur présence en MotoGP, certains constructeurs, comme Ducati, semblent retrouver une nouvelle jeunesse.

Sur le podium lors de cinq des six dernières courses (2e à Mugello dimanche), les motos rouges tirent apparemment le meilleur profit des "générosités" offertes cette saison par le règlement. Il a été modifié de façon à ne plus assister au sempiternel duel Honda/Yamaha, qui à terme pouvait mettre en péril le MotoGP, et éviter des écarts trop importants entre les concurrents.

L'objectif: remplir une grille de départ qui avait tendance à s'étioler - seulement une petite quinzaine de motos engagées en 2011 contre vingt-six dimanche au Grand Prix d'Italie -. Dans un premier temps, le but des organisateurs a été de ne pas perdre ceux qui hésitaient à poursuivre, comme Ducati après trois saisons désastreuses (2011, 2012 et 2013).

Il a également fallu faire revenir des marques illustres comme Suzuki ou Aprilia cette saison, voire KTM. La marque autrichienne, très impliquée jusqu'à présent en Grand Prix dans les petites cylindrée, sera engagée à quelques occasions dès l'an prochain avant une participation à plein temps en 2017.

Parmi les avantages concédés aux "privilégiées", une augmentation de quatre litres de la capacité du réservoir, qui autorise donc une puissance accrue, la possibilité d'utiliser des pneus plus tendres, augmentant la vitesse de passage en courbe pendant les essais, et l'autorisation de poursuivre le développement de la moto en cours de saison.

- 2016 ou la fin des privilèges -

"Je préfère terminer septième d'un Championnat du monde disputé que deuxième de courses sans intérêt", affirme à l'AFP Hervé Poncharal, président de l'Association des écuries de moto de vitesse (Irta) et patron de Tech3.

L'écurie, qui engage deux Yamaha M1 pilotées par Pol Espargaro et Bradley Smith, ne bénéficie pas des "privilèges" accordés par le règlement. Poncharal doit lutter à armes inégales mais il reste persuadé que cette politique est très bénéfique pour le MotoGP.

"De toute manière, tout le monde sera sur le même pied d'égalité dès l'an prochain", a expliqué à l'AFP, sur le circuit du Mugello, le chef d'entreprise français dont "le budget global est inférieur au seul salaire d'un pilote comme Valentino Rossi ou Jorge Lorenzo".

Après cette saison de transition, tous les concurrents partiront en effet l'an prochain avec les mêmes caractéristiques techniques - dont une électronique commune.

"Il fallait en passer par là car sinon seuls Honda et Yamaha seraient restés en lice et le MotoGP avait du souci à se faire", souligne Poncharal, "ravi" de voir les écarts entre les concurrents se réduire.

Les mêmes causes n'ayant pas toujours les mêmes effets, il faut noter que Suzuki et surtout Aprilia ne sont pas dans la même situation que Ducati. Si le premier nommé fait un retour remarqué dans le top 10 après trois années d'absence, le constructeur de Noale, près de Venise, peine à quitter le fond du classement.

Sa RS-GP, directement issue du Superbike, est une ébauche en cours d'élaboration. Son arrivée en MotoGP n'était prévue que pour 2016 mais l'usine italienne a décidé en tout début d'année de la développer en "conditions réelles", dès cette saison.

Ceci au grand dam de son pilote Marco Melandri, ancien pilote de pointe en MotoGP et Superbike, qui, bien malgré lui, se retrouve tous les dimanches en dernière position.

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