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31/05/2015 03:04 EDT | Actualisé 31/05/2016 01:12 EDT

Afghanistan: Ghani demande à Islamabad de s'impliquer davantage sur la paix

Le président afghan Ashraf Ghani a réclamé une liste d'engagements concrets de la part du gouvernement pakistanais en faveur de la paix, dans une lettre transmise récemment à Islamabad dont l'AFP a obtenu une copie dimanche.

Dans cette lettre, dont l'authenticité a été confirmée par un haut responsable afghan, le président afghan demande "une déclaration officielle de la part des dirigeants pakistanais condamnant le lancement de l'offensive des talibans".

Cette demande, adressée aux responsables civils et militaires pakistanais, intervient plus d'un mois après le début de l'offensive de printemps des talibans qui s'est traduite par de violents combats dans plusieurs provinces du pays, ainsi qu'une série d'attaques dans la capitale afghane.

La lettre demande aussi aux responsables militaires pakistanais de ne pas permettre aux talibans afghans de s'abriter dans des "sanctuaires" au Pakistan, ou encore de placer en résidence surveillée les responsables talibans installés à Quetta et Peshawar.

Elle demande à Islamabad, historiquement proche des rebelles talibans afghans, d'étendre ses efforts contre les activités du réseau Haqani, ce groupe taliban, responsable d'attentats suicide meurtriers dans les provinces de l'est de l'Afghanistan.

La lettre n'est accompagnée d'aucun ultimatum, mais selon un haut responsable afghan, "malgré son engagement ferme pour la paix, le président Ghani n'a d'autre choix que de devenir un président de guerre afin d'assurer la survie de son pays et la sécurité des femmes et des enfants afghans".

La même source reproche aux Pakistanais d'avoir échoué jusqu'à présent à amener les talibans à la table des négociations de paix.

Ces demandes marquent une attitude nettement plus ferme de Kaboul après plusieurs mois d'échanges diplomatiques et de déclarations d'intention des deux côtés de la frontière commune.

En outre, le président afghan a été vivement critiqué ces derniers jours après la signature d'un memorandum prévoyant des échanges d'informations entre les services de renseignement afghans (NDS) et pakistanais (ISI), car le document a été jugé trop déférent vis-à-vis d'Islamabad.

Le réchauffement des relations entre les deux voisins, souvent tendues ces dernières années, a été amorcé avec l'arrivée au pouvoir en septembre du président Ashraf Ghani, ce que son prédécesseur Hamid Karzaï se refusait à faire.

Auparavant, le Pakistan et l'Afghanistan, deux alliés officiels des Etats-Unis, s'accusaient mutuellement de jouer un double jeu et de soutenir des groupes rebelles islamistes autour de leur longue et poreuse frontière.

us-emp/ros