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29/05/2015 15:00 EDT | Actualisé 29/05/2016 01:12 EDT

Washington retire Cuba de la liste des pays qui commanditent le terrorisme

LA HAVANE, Cuba - Le gouvernement américain a formellement retiré Cuba de la liste des pays qui soutiennent le terrorisme, vendredi, une décision que Cuba a saluée comme une étape importante envers la normalisation des relations entre les deux anciens ennemis de la guerre froide.Le secrétaire d'État John Kerry a entériné ce changement exactement 45 jours après que l'administration Obama eut informé le Congrès de son intention, le 14 avril. Aucun parlementaire américain n'a cherché à s'y opposer pendant cette période.«Le préavis de 45 jours au Congrès a expiré et le secrétaire d'État a pris la décision d'abroger la désignation de Cuba comme État soutenant le terrorisme à compter d'aujourd'hui, le 29 mai 2015», a indiqué le département d'État dans un communiqué.Cette décision survient au moment où les deux pays continuent à peaufiner les détails d'un rétablissement complet de leurs relations diplomatiques, y compris l'ouverture d'ambassades à Washington et La Havane pour la première fois depuis janvier 1961.«Bien que les États-Unis aient toujours des inquiétudes et qu'il existe toujours plusieurs désaccords concernant les politiques de Cuba, cela ne constitue pas un critère pertinent pour déterminer si un pays doit être retiré de la liste d'États qui commanditent le terrorisme», a écrit le département d'État.Cuba exigeait d'être retirée de cette liste avant toute autre mesure de rapprochement avec les États-Unis. L'île communiste avait été inscrite à cette liste en raison de son soutien aux guérillas de gauche à travers le monde. Cette désignation lui avait valu d'être isolée de la communauté internationale, puisque les banques sont plus réticentes à investir dans ces pays marginalisés.«Nous nous réjouissons de l'annonce d'aujourd'hui par le secrétaire d'État, qui est une étape de plus pour (rétablir) une relation normale et constructive entre les États-Unis et le peuple cubain (...) Par cette nouvelle approche, nous pouvons finalement promouvoir nos intérêts, tout en améliorant la vie des Cubains», a déclaré la Maison-Blanche dans un message publié sur son site Internet.La liste d'États soutenant le terrorisme était un enjeu particulièrement délicat pour Cuba en raison de l'appui historique des États-Unis à de nombreux groupes dissidents qui ont mené des attaques sur l'île. En 1976, un groupe d'exilés cubains ayant des liens avec les militants anticastristes aux États-Unis avait bombardé un avion de passagers cubains qui avait causé la mort des 73 personnes à bord.Des représentants des deux pays ont fait savoir que les négociations sur les autres enjeux allaient bon train, mais la plus récente ronde de pourparlers s'est terminée vendredi dernier sans qu'un accord ne soit conclu.Washington demande toujours que ses diplomates puissent voyager librement à Cuba et rencontrer des dissidents sans restrictions. Les Cubains craignent toutefois que cette mesure ne déstabilise le gouvernement.Plusieurs autres questions restent à débattre, incluant le très controversé embargo commercial — dont la levée complète nécessiterait l'accord du Congrès.