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29/05/2015 17:10 EDT | Actualisé 29/05/2016 01:12 EDT

Turquie: les autorités prennent le contrôle d'une banque proche de l'ennemi juré d'Erdogan

Les autorités turques ont annoncé vendredi soir avoir pris le contrôle total du dixième établissement bancaire du pays, Bank Asya, nouvel épisode de la guerre qui oppose le régime du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan à son ennemi juré l'imam Fethullah Gülen.

Dans un communiqué publié sur son site internet, l'Autorité de régulation et de supervision bancaires (BDDK) a annoncé avoir confié le contrôle de la banque islamique au Fonds d'assurance et de garantie des dépôts (TMSF), un organisme public, à huit jour des élections législatives du 7 juin.

Le BDDK a justifié sa décision en expliquant que "les problèmes causés aux activités de la banque par sa structure financière, ses partenariats et la composition de son conseil d'administration constituaient un danger (...) pour la confiance et la stabilité du système financier (turc)".

Le gouvernement turc avait engagé l'offensive contre Bank Asya en février dernier en prenant le contrôle de son conseil d'administration, lui aussi confié au TMSF, citant alors un "manque de transparence" de sa gestion.

La direction de l'établissement avait alors dénoncé une décision "illégale" et l'opposition les motivations "politiques" du régime.

Fondée en 1996, Bank Asya est réputée proche du mouvement de Fethullah Gülen, un imam turc qui vit aux Etats-Unis et dirige un vaste et influent réseau d'écoles, d'organisations caritatives et d'entreprises en Turquie et dans le monde.

Fidèle allié de M. Erdogan depuis son arrivée au pouvoir en 2002, M. Gülen est devenu son ennemi juré depuis le scandale de corruption qui a éclaboussé le régime fin 2013.

Le chef de l'Etat a depuis déclaré la guerre à M. Gülen, multipliant les purges contre les membres présumés de son mouvement, notamment dans la police et la justice.

Bank Asya emploie 5.000 salariés en Turquie, y dispose de 300 agences et d'environ 4,5 millions de clients.

La décision des autorités turques intervient à huit jours des élections législatives. Au pouvoir depuis treize ans, le parti de M. Erdogan s'y présente en favori, mais affaibli.

pa/mr