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29/05/2015 15:58 EDT | Actualisé 29/05/2016 01:12 EDT

Plus faible que prévue, l'économie s'est contractée de 0,6 % au 1er trimestre

OTTAWA - L'économie a fait marche arrière pendant les trois premiers mois de l'année, se contractant au rythme annuel de 0,6 pour cent dans un contexte de faiblesse des cours du pétrole, a indiqué vendredi Statistique Canada.C'était la première fois depuis le quatrième trimestre de 2011 que la croissance annualisée du produit intérieur brut glissait sous la barre de zéro pour cent pour un trimestre.La contraction trimestrielle de l'activité économique était par ailleurs la pire depuis le deuxième trimestre de 2009, qui s'était soldé par une contraction de 3,6 pour cent, a précisé Statistique Canada. L'économie était alors en récession.Le résultat du premier trimestre de 2015 fait suite à une augmentation révisée à la baisse à 2,2 pour cent pour les trois derniers mois de 2014.L'activité économique a reculé dans plusieurs catégories, incluant les investissements des entreprises, les exportations, la construction et les ressources naturelles. L'activité du secteur de l'extraction minière et l'extraction de pétrole et de gaz naturel a notamment retraité de 2,7 pour cent par rapport au trimestre précédent.Les dépenses des ménages ont avancé de 0,1 pour cent, mais il s'agissait de leur plus lente croissance en près de trois ans.Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, avait averti que les données pour le premier trimestre seraient «atroces» et misait sur une croissance de zéro pour cent — mais il reste confiant de voir le deuxième trimestre rebondir avec une croissance de 1,8 pour cent.La contraction des trois premiers mois de l'année est une surprise pour les économistes, qui misaient en moyenne sur une croissance de 0,3 pour cent, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters.Le PIB nominal, qui s'intéresse à la valeur de l'activité économique et est crucial pour les revenus fiscaux, a reculé de 0,7 pour cent au premier trimestre. Ce déclin, attribué aux conséquences de la chute des prix de l'énergie sur les revenus et les dépenses, privera les coffres des gouvernements de revenus.Les experts prédisent que l'économie rebondira une fois que les effets initiaux de la glissade des prix du pétrole commenceront à disparaître.La Banque du Canada a placé ses espoirs de reprise dans la demande des États-Unis, qu'elle voit toujours repartir à la hausse après le ralentissement de l'économie des derniers mois.Les données sur le PIB canadien étaient dévoilées alors que le département du Commerce des États-Unis faisait état, lui aussi, d'une contraction de l'activité économique pour les trois premiers mois de l'année.L'économie américaine a retraité au rythme annualisé de 0,7 pour cent pour le trimestre de janvier à mars, ce qui était plus faible que l'estimation initiale du gouvernement, qui annonçait une croissance de 0,2 pour cent.M. Poloz a noté que la Banque du Canada avait prédit, il y a sept mois, une croissance de 2,4 pour cent du PIB pour le premier trimestre. Puis, en janvier, elle a révisé cette prévision pour miser sur une croissance de 1,5 pour cent, avant de la ramener, le mois dernier, à zéro.Dans son budget présenté le mois dernier, le gouvernement fédéral a prédit que le Canada se remettrait du choc causé par la dégringolade des cours du pétrole et que son PIB progresserait de 2,0 pour cent sur l'ensemble de l'année 2015, puis de 2,2 pour cent en 2016.