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29/05/2015 15:49 EDT | Actualisé 29/05/2016 01:12 EDT

Les recruteurs d'aspirants djihadistes ont changé leurs tactiques selon Interpol

Les recruteurs ont changé leurs tactiques pour brouiller les pistes des gouvernements qui souhaitent empêcher les aspirants djihadistes de partir combattre en Syrie ou en Irak, selon le patron d'Interpol.

Les recruteurs scindent en plusieurs portions leurs trajets pour défier la surveillance ou encore font appel à d'ex-criminels pour monter des réseaux de passeurs, a indiqué vendredi le secrétaire général de l'organisation internationale de coopération policière Interpol, Juergen Stock, devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

Le Conseil de sécurité s'est penché pour la première fois sur le phénomène des combattants étrangers du groupe armé État islamique depuis la publication d'une étude de l'ONU montrant un accroissement de leur nombre.

« Le renseignement traverse les frontières, mais à un rythme beaucoup moins rapide que les combattants terroristes étrangers », a souligné Juergen Stock en expliquant que le partage d'informations est crucial pour arrêter le flot de combattants djihadistes provenant de l'étranger.

« Nous avons besoin que les États avancent et créent de nouvelles lois s'ils ne l'ont pas encore fait, qu'ils appliquent les lois s'ils en ont déjà, et prennent des mesures concrètes pour empêcher ces combattants étrangers de voyager », a affirmé l'ambassadrice américaine à l'ONU, Samantha Power.

Seulement 51 pays ont demandé aux compagnies aériennes qui opèrent sur leur territoire de fournir à l'avance des renseignements sur leurs passagers pour faciliter les contrôles.

Environ 25 000 djihadistes venus de 100 pays ont rejoint les rangs de groupes armés locaux, selon un rapport de l'ONU. Il s'agit d'une augmentation de 71 % entre mi-2014 et mars 2015.

« Le flot est plus important qu'il n'a jamais été historiquement, et implique principalement des mouvements vers la Syrie et l'Irak, avec un problème croissant évident en Libye », note l'étude.

Le Conseil de sécurité avait adopté une résolution en septembre pour appeler les gouvernements à poursuivre en justice leurs aspirants djihadistes.