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29/05/2015 04:10 EDT | Actualisé 29/05/2016 01:12 EDT

Léger recul du tagabisme dans l'UE, mais un quart des Européens fument toujours

Le tabagisme a légèrement reculé en 2014 dans l'Union européenne, avec 26% de fumeurs, en dépit de rechutes, notamment en France, mais le vapotage a gagné du terrain, selon une enquête Eurobaromètre publiée vendredi.

Selon ce sondage, rendu public avant la Journée mondiale sans tabac de dimanche, la tendance à la baisse, par rapport à 2012, où 28% des Européens fumaient, est plus prononcée parmi les jeunes.

La consommation de tabac des 15-24 ans est ainsi passé en deux ans de 29% à 25%, même si l'âge moyen auquel les Européens commencent à fumer reste inchangé, à 17,6 ans.

La France figure parmi les mauvais élèves, au-dessus de la moyenne européenne avec un tiers de fumeurs, en progression par rapport à 2012 (32% contre 28%) .

Le clivage Nord-Sud s'élargit: la Grèce compte 38% de fumeurs, suivie de la Bulgarie (35%), tandis qu'en Suède et Finlande, ils représentent respectivement 11% et 19% de la population.

La cigarette électronique gagne du terrain: 12% des Européens l'ont testée, contre 7% deux ans auparavant, et 2% l'utilisent, soit deux fois plus qu'en 2012. Mais ils sont 52% à juger que ce produit est nocif pour la santé, contre 27% en 2012, et 63% à prôner son interdiction là où il est interdit de fumer.

Si "67%" des utilisateurs ont déclaré y recourir pour réduire ou cesser leur consommation de tabac, "seuls 14%" d'entre eux "ont réussi à arrêter de fumer, ce qui montre que cette méthode n'est pas particulièrement efficace en matière de sevrage" a relevé la Commission dans un communiqué.

Au vu de cette enquête, l'UE doit redoubler d'efforts dans la lutte contre le tabac, a plaidé dans un point de presse le commissaire européen à la Santé, Vytenis Andriukaitis.

Il a souligné l'engagement de la Commission à garantir la transposition par les 28, prévue au 1er mai 2016, de la nouvelle directive antitabac adoptée en 2014, renforçant notamment les mesures de dissuasion.

Il a aussi jugé que le "paquet neutre", adopté par l'Irlande et en voie de l'être au Royaume-Uni et en France, était un "outil utile", alors que la mesure est contestée par les cigarettiers.

A "titre personnel", le commissaire s'est également inscrit en faux contre une reconduction par la Commission des accords qui la lient à divers fabricants de cigarettes en matière de lutte contre la contrebande.

L'exécutif européen doit émettre prochainement un avis sur le sort de l'accord avec Philip Morris, qui lui verse 1,25 milliard d'euros par an depuis 2004 au titre de la lutte contre ce trafic. Le cigarettier conteste en justice la nouvelle directive antitabac.

Le groupe de travail antitabac du Parlement européen est vent debout contre cette reconduction. Selon l'élu socialiste français Gilles Pargneaux, "les fabricants organisent eux même le commerce parallèle" pour contrer les politiques de prix dissuasives des Etats.

Le groupe, qui milite pour la ratification par les Etats de l'UE du protocole de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) contre le commerce illicite des produits du tabac, vient de lancer un site internet pour suivre le processus (http://contreletraficdetabac.eu/fr).

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