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29/05/2015 07:39 EDT | Actualisé 29/05/2016 01:12 EDT

Le régime syrien perd de facto une nouvelle province face aux rebelles

Le régime syrien a choisi d'abandonner la province d'Idleb au profit d'Al-Qaïda et de ses alliés qui viennent de prendre la dernière ville de cette région, afin de concentrer son combat sur des zones qu'il considère comme vitales pour son existence.

Idleb est la deuxième des 14 provinces de Syrie que le régime perd après celle de Raqa qui est aux mains du groupe jihadiste de l'Etat islamique (EI). Il ne lui reste que quatre provinces quasi entièrement sous son contrôle depuis le début de la guerre -Lattaquié et Tartous (ouest), la province urbaine de Damas et Soueida (sud).

Ce conflit avait commencé en mars 2011 par des manifestations réclamant des réformes avant d'être réprimées dans le sang. Militarisée, la révolte s'est transformée en une guerre brutale et complexe avec l'intervention de groupes jihadistes surtout Al-Qaïda et l'EI qui sévit aussi en Irak voisin.

D'après une source de sécurité syrienne et une ONG vendredi, le régime de Bachar al-Assad, qui a connu plusieurs revers ces derniers mois, préfère désormais se retirer de certaines régions pour défendre ses véritables bastions comme Lattaquié ou Damas, son armée essoufflée ayant déploré d'importantes pertes.

Jeudi, ses troupes se sont retirées sans combat d'Ariha, la dernière ville qui était sous leur contrôle dans la province d'Idleb (nord-ouest), après une offensive éclair de "l'Armée de la Conquête", coalition formée du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda, et de rebelles islamistes.

Plusieurs milliers de soldats étaient positionnés à Ariha, à majorité sunnite, et selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des combattants du Hezbollah libanais et des militaires iraniens s'y trouvaient pour épauler l'armée.

- '70.000 insoumis' -

"Le territoire vital à protéger pour le régime est Damas, Homs, Hama et la côte. Idleb n'est plus dans (ces calculs) ce qui explique le retrait rapide d'Ariha", a affirmé à l'AFP une source de sécurité syrienne.

La coalition rebelle avait déjà pris la capitale provinciale d'Idleb et la ville de Jisr al-Choughour. Il ne reste plus que quelques villages et l'aéroport militaire d'Abou Douhour aux mains du régime mais "les rebelles vont maintenant les prendre", a dit Ibrahim al-Idlebi, un militant de la région.

Selon l'OSDH, 13 miliciens pro-régime ont été exécutés à Ariha.

"Il n'y a pas eu de véritables combats dans la ville car le régime ne peut plus supporter davantage de pertes humaines", affirme Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. "Même avec le soutien de l'Iran et du Hezbollah, il ne peut plus compenser ces pertes".

D'après son organisation, il y a "70.000 insoumis à travers la Syrie, notamment dans les bastions du régime, qui refusent de servir dans l'armée".

Depuis quelques mois, le régime a essuyé une série de revers dans le nord-ouest et le sud face aux rebelles, forts d'un nouveau soutien en armes de leurs parrains turques et saoudiens.

Le quotidien turc Cumhuriyet a publié d'ailleurs des photos et une vidéo qui accréditent l'hypothèse, jusque-là farouchement démentie par le gouvernement d'Ankara, de livraisons d'armes aux rebelles extrémistes début 2014.

- Attentats à Bagdad -

"La priorité maintenant pour le régime, c'est d'établir des lignes de défense pour protéger Lattaquié et Hama. Il n'est plus dans une logique d'attaque", affirme M. Abdel Rahmane. A ce rythme, dit-il "il peut très bien perdre Alep", deuxième ville du pays.

Après les défaites successives, le régime syrien affaibli est en train de se résoudre à une partition de facto du pays en limitant ses ambitions à la "Syrie utile", selon des analystes.

Il contrôle encore certaines régions dans les provinces de Deir Ezzor (est), Deraa (sud), Qouneitra (sud) et Hassaké (nord-est), et partage le contrôle avec la rébellion dans la province rurale de Damas, celle d'Alep (nord), de Homs et de Hama.

Selon l'OSDH, le groupe ultraradical sunnite EI contrôle la moitié du territoire syrien, principalement les régions du nord et de l'est, et monte en puissance dans le centre après la capture de la ville carrefour de Palmyre.

Dans l'Irak voisin, où l'EI domine également de larges territoires, au moins neuf personnes ont été tuées avant l'aube dans l'explosion de voitures piégées devant deux hôtels luxueux de Bagdad, selon les autorités.

A une centaine de km à l'ouest de Bagdad, les troupes irakiennes et les milices chiites tentent d'assiéger les jihadistes de l'EI la ville clé de Ramadi avant d'y donner l'assaut.

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