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29/05/2015 14:20 EDT | Actualisé 29/05/2016 01:12 EDT

Le Nigeria célèbre l'assermentation de Buhari à la présidence

ABUJA, Nigeria - Les Nigérians ont profité vendredi de l'investiture du nouveau président Muhammadu Buhari pour célébrer une démocratie qui semble plus solide que jamais.M. Buhari est devenu le premier candidat à détrôner un président en poste lors d'une élection dans toute l'histoire du Nigeria.M. Buhari a prêté serment sur la place Eagle à Abuja, la capitale, où la foule a hurlé sa joie. L'ancien général a ensuite inspecté des troupes et salué ses partisans.Une salve de 21 coups d'artillerie a souligné cette transition de pouvoir, qui représente un point tournant dans la démocratie nigériane. La sécurité était étroite.De multiples leaders africains ont assisté à l'investiture, en plus du ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius et du secrétaire d'État américain John Kerry. Les deux diplomates cherchent à relancer des relations mises à mal sous la présidence de Goodluck Jonathan.M. Buhari, un ancien dictateur militaire, devra trouver comment écraser une insurrection islamiste qui a fait plus de 13 000 morts et 1,5 million de réfugiés.M. Buhari a indiqué qu'il ne considérerait pas cette guerre comme gagnée tant que les personnes détenues en otages par les djihadistes n'auront pas été libérés, y compris les quelque 200 écolières dont l'enlèvement avait provoqué un tollé international l'an dernier.«Le gouvernement fera tout en son pouvoir pour les retrouver vivantes», a-t-il dit. Il a ensuite remercié le Cameroun, le Tchad et le Niger pour leur collaboration à une opération militaire multinationale qui a chassé le groupe Boko Haram des villes qu'il occupait dans le nord-ouest du Nigeria.Un représentant du département d'État des États-Unis a indiqué que Washington était prêt à augmenter son aide militaire au Nigeria et à déployer davantage de conseillers.Le président devra aussi s'attaquer à la corruption endémique qui mine l'économie du pays. Le Nigeria croule sous une dette de 63 milliards $ US et doit emprunter pour pouvoir payer ses fonctionnaires. Certains politiciens craignent maintenant une chasse aux sorcières.«Ces peurs sont sans fondements», a dit M. Buhari, avant d'ajouter que certains de ses prédécesseurs s'étaient comportés «comme des enfants gâtés qui ont tout cassé dans la maison». Il ensuite promis de lutter contre «la corruption grossière».