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29/05/2015 08:10 EDT | Actualisé 29/05/2016 01:12 EDT

Le Japon et l'UE espèrent un accord de libre-échange avant fin 2015

Le Japon et l'UE sont convenus d'"accélérer" les négociations sur un ambitieux accord de libre-échange, de façon à pouvoir conclure d'ici la fin 2015, lors de leur 23e sommet annuel qui s'est tenu vendredi à Tokyo.

Tokyo et l'Union européenne se sont par ailleurs inquiétés de la montée des tensions en mer de Chine, dues aux visées territoriales de Pékin.

"Sur le plan économique, nous sommes convenus d'accélérer les négociations sur le Partenariat Japon-UE, afin de parvenir à un accord de principe dans l'année", a affirmé le Premier ministre japonais Shinzo Abe à l'issue du sommet.

Lors de cette rencontre bilatérale annuelle, M. Abe s'est entretenu avec le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le chef de la Commission, Jean-Claude Juncker.

La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, étaient également présentes à Tokyo.

Les deux parties expriment régulièrement le voeu d'"accélérer le rythme des négociations" sur l'accord de libre-échange, lancées en 2013.

Un tel accord, qui vise à favoriser la croissance, permettrait à l'ensemble UE-Japon de peser 30% de l'économie du monde et 40% de son commerce, selon ses promoteurs. Le montant global des échanges de biens et services entre la troisième économie mondiale et l'Union a atteint 149 milliards d'euros en 2014.

Concrètement, les Européens attendent du Japon qu'il lâche du lest sur l'accès à son secteur public et sur les barrières non tarifaires (NTB) qui cadenassent de nombreux marchés nippons, notamment alimentaires.

Pour Tokyo, l'un des enjeux essentiels est que Bruxelles démantèle ses droits de douane sur les voitures japonaises, une question sensible en Allemagne, important fabricant et exportateur d'automobiles, et le matériel électronique.

- Tensions en mer de Chine -

"Nous considérons que cet accord en vaut la peine. Mais il faut être ambitieux sur la substance comme sur le calendrier", a plaidé vendredi Mme Malmström devant la Fédération du patronat japonais, le Keidanren, alors que les négociations traînent en longueur.

"Nous avons besoin d'un accord qui fonctionne, d'un accord qui nous aide à mettre nos économies respectives sur la voie de la prospérité", a-t-elle insisté.

S'il était finalisé en 2015, l'accord UE-Japon pourrait être signé avant le Partenariat transpacifique (TPP), l'accord de libre-échange en cours de négociations délicates entre Tokyo et Washington malgré des "progrès significatifs".

En ce qui concerne la sécurité en Asie-Pacifique, Tokyo et Bruxelles ont mis en garde contre "tout acte unilatéral" susceptible d'attiser les tensions dans la région, en référence aux revendications territoriales maritimes de la Chine.

"Nous continuons à observer la situation en mer de Chine orientale et méridionale et sommes préoccupés par des actions unilatérales qui changeraient le statu quo et accroîtraient les tensions", selon le communiqué conjoint publié à la fin de la rencontre.

Lors du dernier sommet, il y a un an à Bruxelles, les 28 membres de l'UE et le Japon avaient décidé de renforcer leur coopération en matière de sécurité, notamment dans la lutte contre la piraterie maritime et le terrorisme, ainsi que dans la cyber-sécurité.

Le Japon et l'UE ont également adopté des positions communes sur la crise ukrainienne.

"Le Japon et l'Union européenne sont unis aujourd'hui dans leur soutien au peuple ukrainien et dans la volonté de faire respecter l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité (territoriale) de l'Ukraine", a déclaré M. Tusk.

M. Abe a l'intention de se rendre à Kiev le mois prochain, en route pour le prochain sommet du G7 en Allemagne, selon la presse japonaise.

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