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29/05/2015 09:06 EDT | Actualisé 29/05/2016 01:12 EDT

La Russie annonce une nouvelle taxe pour freiner les exportations de blé

La Russie va introduire à partir du 1er juillet de nouvelles barrières douanières sur les exportations de blé, plus basses que celles appliquées en début d'année mais très critiquées par les agriculteurs, selon un décret publié vendredi par le gouvernement.

Cette taxe flottante s'élèvera au minimum au niveau symbolique de 50 roubles par tonne (87 centimes d'euros) pour un prix du blé inférieur à 11.000 roubles par tonne (191 euros) et augmentera progressivement au delà, précise le document.

Selon le dernier relevé du ministère russe de l'Agriculture, les cours internationaux se situaient au 21 mai à 215 dollars la tonne (195 euros).

Cette mesure vise à rendre "aussi attractives les livraisons de blé sur le marché intérieur que les exportations", a expliqué le gouvernement dans un communiqué. "En cas de brusque affaiblissement du rouble, elle permettra de limiter les exportations de céréales", est-il ajouté.

La Russie, qui est l'un des premiers exportateurs mondiaux de céréales, avait imposé au 1er février une taxe bien plus élevée, d'un minimum de 35 euros par tonne, annulée ensuite le 15 mai.

Il s'agissait alors de réagir à la chute du rouble qui avait conduit à une flambée des prix du blé en Russie, paradoxale alors même que le pays a enregistré l'an dernier l'une des moissons les plus abondantes de son histoire.

Mais les céréaliers préféraient conclure des contrats à l'exportation devenus bien plus juteux avec la chute de la monnaie russe, réduisant l'offre disponible sur le marché russe.

Le rebond du rouble au printemps a rendu la différence de prix moins criante, poussant le gouvernement à annuler la mesure prise en février, pénalisante financièrement pour les agriculteurs, en attendant de trouver une nouvelle formule moins contraignante.

La nouvelle taxe annoncée, officialisée vendredi, "aux prix et taux de change actuels, sera minime, proche de zéro", a assuré le vice-Premier ministre Arkadi Dvorkovitch, cité par l'agence officielle TASS.

Mais les représentants du secteur agricole sont vent debout contre cette mesure, critiquant notamment le caractère imprévisible de la formule flottante.

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