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29/05/2015 11:40 EDT | Actualisé 29/05/2016 01:12 EDT

L'Inde affiche une croissance supérieure à la Chine début 2015, mais le doute persiste

La croissance économique en Inde a dépassé celle de la Chine sur les trois premiers mois de 2015 mais les analystes restent sceptiques sur l'ampleur du redémarrage de la troisième économie d'Asie.

L'Inde a fini son exercice 2014/15 (clos fin mars) sur une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 7,5% entre janvier et mars sur un an, soit un rythme supérieur à celui de son grand voisin chinois, en plein ralentissement à 7%, selon des données officielles publiées vendredi.

Cependant, la croissance en Inde affiche une hausse de 7,3% sur 12 mois, moindre que la Chine (+7,4%) et légèrement inférieure aux prévisions du gouvernement de Narendra Modi, de 7,4%.

Sur les trois premiers mois de 2015, l'économie indienne a été portée par l'industrie manufacturière (+8,4%), le commerce et les transports (+14%) ainsi que les services financiers (+10%). Mais l'agriculture, secteur clé pour l'emploi, s'est contractée.

"Il est absolument clair que l'économie est en phase de reprise", a réagi le ministre des Finances, Arun Jaitley, cité par l'agence Press Trust of India (PTI).

L'Inde a beau s'afficher en nouveau champion de la croissance mondiale, les économistes s'interrogent sur la pertinence des données sur le PIB qui ont été récemment révisées à la hausse.

"Le cadre général repose sur des chiffes officiels du PIB qui exagèrent la force de l'économie, probablement de façon significative", a réagi Shilan Shah, économiste de Capital Economics, dans une note.

Le ministère des Statistiques avait expliqué en janvier que ce nouveau calcul du PIB devait permettre de rapprocher les statistiques indiennes des normes internationales.

Une série d'indicateurs autres que le PIB font apparaître une croissance en-deçà de ses possibilités, selon les économistes. L'Inde a connu une croissance à deux chiffres au milieu des années 2000.

- Baisse de taux en vue ? -

"Le rythme réel de l'économie n'est pas tellement encourageant", a réagi auprès de l'AFP Shubhada Rao, économiste en chef de Yes Bank pour qui la banque centrale indienne (RBI) devrait abaisser ces taux mardi.

"Des secteurs-clés comme l'agriculture et le bâtiment ralentissent. Le chiffre du PIB repose largement sur une bonne collecte de l'impôt", a-t-elle ajouté.

"Le gouvernement doit maintenant agir pour endiguer l'affaiblissement de l'élan économique et soutenir la croissance. Une baisse de 25 points des taux par la RBI est à prévoir", a poursuivi Shubhada Rao.

Le gouverneur de la RBI Raghuram Rajan doit décider mardi d'une éventuelle baisse des taux, réclamée par le patronat pour relancer l'investissement et la consommation.

La RBI a déjà réduit à deux reprises son taux directeur cette année, jusqu'à à 7,50%, mais veut s'assurer d'un ralentissement durable de l'inflation avant de décider d'une nouvelle baisse.

Le gouverneur avait laissé les taux inchangés à la dernière réunion de politique monétaire, afin que les banques commerciales répercutent les précédentes baisses de taux, ce qu'elles ont partiellement fait depuis. Il s'est en outre montré prudent sur la pertinence des nouveaux chiffres du PIB.

Le Premier ministre Narendra Modi a promis de relancer la croissance et l'emploi au moment de son élection il y a un an, un million de nouveaux actifs arrivant chaque mois sur le marché du travail en Inde.

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