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29/05/2015 11:40 EDT | Actualisé 29/05/2016 01:12 EDT

L'Afrique du Sud allège in extremis ses nouvelles règles pour les voyageurs mineurs

L'Afrique du Sud a allégé vendredi, 48 heures avant leur entrée en vigueur, les modalités d'application des nouvelles règles draconiennes de contrôle aux frontières des mineurs, source de grave inquiétude dans le monde du tourisme.

La nouvelle réglementation, dévoilée en 2014, vise à renforcer la lutte contre le trafic d'enfants.

Assouplissant le nouveau régime, le ministère sud-africain de l'Intérieur a notamment indiqué que la famille serait dispensée de produire un acte de naissance intégral de l'enfant "quand les deux parents voyagent avec des passeports et visas valides".

"C'est lorsqu'un seul parent ou une autre personne voyage avec l'enfant de quelqu'un d'autre que nous exigeons des passeports valides, un acte de naissance intégral et le consentement parental" du ou des parents ne voyageant pas avec l'enfant, selon un communiqué.

"Un autre problème soulevé concerne la langue dans laquelle les documents doivent être délivrés par les autres pays", a poursuivi le ministère, en assurant: "Nous ne demandons pas de traduction de la part des voyageurs."

"De plus, quand une traduction est demandée, nous nous en chargeons gratuitement dans les ambassades d'Afrique du Sud à l'étranger", ajoute le ministère.

Aucun document particulier ne sera exigé pour les mineurs en transit, de même pour les mineurs ayant un visa sud-africain valide, ou quand le nom des deux parents figure sur le passeport, selon le communiqué.

Devant la levée de boucliers du monde du tourisme et les difficultés pratiques, le gouvernement avait reporté l'application de la nouvelle réglementation au 1er juin, au lieu du 1er septembre 2014.

Les compagnies aériennes s'inquiètent notamment d'avoir à supporter des coûts de rapatriement pour des voyageurs qui ne seraient pas en règle.

Le ministère de l'Intérieur a avoué vendredi n'avoir pas complètement résorbé le flot de demandes d'actes de naissance déposées par des voyageurs sud-africains, eux aussi concernés par les nouvelles règles, mettant en place des numéros verts.

Malgré la crise et sa position géographique qui n'en fait pas une destination bon marché, quoique plus avantageuse depuis la dépréciation de sa monnaie, l'Afrique du Sud connaît un boom touristique.

Le pays accueille 10 millions de visiteurs par an et le tourisme est l'un des rares secteurs en croissance, représentant environ 10% du PIB et des emplois.

Le président Jacob Zuma prévoyait l'an dernier de passer la barre des 15 millions de visiteurs annuels en 2017, notamment en provenance du reste de l'Afrique. Son ministre du Tourisme Derek Hanekom ne parle plus que de 12 millions en 2018.

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