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29/05/2015 00:45 EDT | Actualisé 28/05/2016 01:12 EDT

Italie: élections régionales partielles, un test pour Renzi et Berlusconi

L'Italie vote dimanche pour des élections régionales et municipales partielles, ayant valeur de test pour le chef du gouvernement Matteo Renzi, mais surtout pour son prédécesseur Silvio Berlusconi, dont le parti Forza Italia est en pleine déliquescence.

Quelque 20 millions d'électeurs doivent choisir les gouverneurs de sept régions sur 20 - la Vénétie, la Ligurie, la Toscane, les Marches, l'Ombrie, la Campanie et les Pouilles - ainsi que les maires de plus d'un millier de municipalités, dont les plus grandes sont Venise, Mantoue ou Agrigento.

Cette bataille électorale, la première depuis les élections européennes remportées haut la main il y a un an par le Parti démocrate (PD, gauche) de Matteo Renzi (40,1% des voix), se déroule cette fois dans une grande confusion.

Le PD se présente divisé en Ligurie où son aile gauche a un autre candidat, face à une droite totalement unie derrière son candidat soutenu par la Ligue du Nord anti-euro, et Forza Italia de Silvio Berlusconi. Mais la Ligue du Nord a elle aussi un candidat dissident en Vénétie tout comme Forza Italia dans les Pouilles.

En Campanie, le candidat du PD, bien placé dans les sondages pour enlever à Forza Italia l'unique région qui lui restait encore entre les mains, est sous la menace judiciaire dans une affaire d'abus de pouvoir et pourrait voir son éventuelle victoire annulée.

A l'heure actuelle, sur les sept régions en lice, cinq sont gouvernées par la gauche (et pour ajouter à la confusion le gouverneur sortant de l'une d'elles est désormais le candidat de la droite dans cette même région), une est dirigée par la Ligue et la dernière par Forza Italia.

Et pour couronner le tout, sept lois électorales différentes s'appliquent dans ces sept régions.

Cette confusion pourrait surtout profiter à l'abstentionnisme, relevait cette semaine le président du Sénat Pietro Grasso. Ou à Matteo Renzi, 40 ans, dont la cote de popularité reste forte après un peu moins d'un et demi au pouvoir.

- Peu d'alternatives à Renzi -

"Les alternatives à Renzi ne sont pas très attractives, il reste l'unique offre politique sérieuse", estime ainsi Giovanni Orsina, politologue à l'université Luiss de Rome, interrogé par l'AFP.

L'attention se concentrera sur les résultats de chaque parti, en particulier qui fera mieux entre la Ligue et Forza Italia. Mais le résultat des - nombreux - opposants internes à chaque parti sera également scruté.

Les paris se font autour d'un résultat de 6 à 1 pour la gauche, tous les sondages étant unanimes pour dire que la Vénétie restera à la Ligue, ou encore 5 à 2 voire 4 à 3.

"Quatre à trois pour nous amateurs de football évoque d'excellents souvenirs", a déclaré récemment Matteo Renzi, en allusion au résultat du "match du siècle", la demi-finale de la Coupe du Monde remportée en 1970 par l'Italie contre l'Allemagne.

Ce résultat n'en serait pas moins considéré comme une défaite pour le PD et les collaborateurs de Matteo Renzi tentent de désamorcer la surenchère autour des résultats électoraux.

"Les prochaines élections régionales ne sont ni un test ni un thermomètre pour le gouvernement. Les européennes d'il y a un an ne l'étaient pas, les régionales d'aujourd'hui ne le sont pas", a ainsi déclaré Luca Lotti, bras droit de Matteo Renzi.

- Berlusconi faible -

Un avis que ne partage pas Silvio Berlusconi qui rappelle que Massimo D'Alema, chef du gouvernement de gauche à l'époque, démissionna après la défaite aux régionales de 2000.

Mais pour l'ancien chef du gouvernement ce scrutin sonne surtout comme celui de la dernière chance. "Si Berlusconi enregistre des résultats vraiment mauvais, cela pourrait être sa fin politique", poursuit M. Orsina, alors qu'une trentaine d'élus de Forza Italia ont déjà annoncé leur départ pour rejoindre son ex-dauphin, Raffaele Fitto, devenu le plus virulent contestataire du vieux chef.

Même une défaite en Ligurie, où le candidat de Matteo Renzi doit aussi se battre contre un rival issu de l'aile gauche du PD, "n'aurait pas d'effet sur le gouvernement", affirme de son côté Antonio Noto, directeur de l'institut de sondage IPR marketing.

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