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29/05/2015 08:28 EDT | Actualisé 29/05/2016 01:12 EDT

Fin des élections scolaires : le ministre Blais chahuté par des commissaires mécontents

Au congrès de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), le ministre de l'Éducation François Blais a été chahuté après avoir réitéré son intention d'abolir les élections scolaires dans leur forme actuelle.

Les commissions scolaires continueront d'exister, a-t-il rappelé, mais il y en aura moins, et leur structure sera modifiée pour faire une plus grande place à d'autres représentants de la société civile.

« L'important, maintenant, c'est de savoir quelle est la forme de démocratie qui convient le mieux à ces entités régionales que sont les commissions scolaires. Et les options devant nous sont nombreuses pour trouver une forme de démocratie qui leur convient, qui convient mieux au 21e siècle », a expliqué le ministre Blais aux membres de la FCSQ présents pour ce congrès, à Laval.

L'affaire n'a guère plu aux membres de l'assistance. « Est-ce que vous reconnaissez que [...] j'ai un mandat légitime de la population? », lui a alors demandé le président d'une commission scolaire élu l'automne dernier. « Bien sûr », a répondu le ministre. 

« Alors, pourquoi vous ne le respectez pas? », a immédiatement renchéri celui qui avait posé la question, recevant du coup une bonne salve d'applaudissements de la part de l'assistance. « C'est un peu gênant de vous entendre parler, M. le ministre. Et choquant pour ne pas le dire », a-t-il ajouté. 

« Tout simplement parce que j'en ai reçu un [mandat] aussi », a fini par répondre le ministre Blais. « Ça nous prend une nouvelle démocratie, différente bien sûr, où il y aura une place plus importante, notamment pour les parents. Je crois qu'on peut y arriver assez facilement, en se respectant les uns, les autres », a-t-il précisé, avant de quitter la scène. 

François Blais avait rappelé au préalable que son prédécesseur Yves Bolduc avait clairement établi que les dernières élections scolaires constituaient un « test » pour la démocratie scolaire. Or, seuls 4,86 % des électeurs ont daigné aller aux urnes pour ce scrutin.

« C'est difficile pour eux », commente Blais

Interrogé par les journalistes par la suite, le ministre Blais a justifié sa décision de ne répondre qu'à cette seule question avant de quitter. « Je ne voulais pas transformer ça en débat. [...] L'important pour moi, ce n'était pas de débattre, c'était de donner un message le plus clair possible. »

« Ici, peut-être, je suis moins bien reçu. Mais quand je rencontre d'autres groupes, notamment les directions des établissements, notamment les parents, etc., vous savez, cette idée-là d'élargir le spectre des membres de cette future commission scolaire, ça reçoit un excellent accueil », a-t-il aussi dit.

Le ministre Blais n'a pas été plus précis en ce qui concerne la nouvelle forme de gouvernance qu'il entend proposer dans le projet de loi qui sera déposé cet automne. Un adage politique connu stipule qu'en démocratie, le principe « pas de taxe sans représentation » doit s'appliquer en tout temps. 

L'idée que des représentants des municipalités siègent à ces nouvelles commissions scolaires avait cependant déjà été évoquée. 

« L'engagement qu'on a pris lors du dernier budget du gouvernement, c'est que cette année, on proposerait une nouvelle forme de taxe scolaire. C'est à peu près 2 milliards de dollars qu'on récolte par année. Donc, c'est des sommes importantes. On a besoin de ces sommes-là pour les écoles », a-t-il ajouté.

Le ministre Blais assure cependant que les nouvelles structures devront « absolument » faire une place aux parents. « C'est la voie de passage, je pense, pour justifier une réforme aussi importante. » Ces parents, précise-t-il, devront être « nommés, identifiés par des parents eux-mêmes au sein des établissements ».