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29/05/2015 15:35 EDT | Actualisé 29/05/2016 01:12 EDT

Fifa: Distribution des places pour les Mondiaux, en plein scandale judiciaire

En plein scandale judiciaire planétaire, la Fifa détermine samedi le nombres de qualifiés par confédération pour les Mondiaux 2018 en Russie et 2022 au Qatar.

Cette répartition sera décidée lors d'un comité exécutif extraordinaire organisé au lendemain de l'élection présidentielle. Ce timing avait poussé fin mars le patron de l'UEFA, Michel Platini, à sous-entendre que le président de la Fifa Joseph Blatter s'en servait comme d'un levier pour sa réélection.

"Pour les places par confédération pour le Mondial, Blatter organisera un comité exécutif après le Congrès (électif de la Fifa), il joue avec ça", avait grincé le patron du foot européen avant qu'éclate la tempête judiciaire qui éclabousse la Fifa.

Car la Confédération européenne craignait de perdre au change, comme l'avait dit Platini dès le 24 mars à l'issue du Congrès de l'UEFA à Vienne, devant une poignée de journalistes dont l'AFP. "Nous, européens, voulons plus d'équipes (14 au lieu de 13, car la Russie est automatiquement qualifiée en tant que pays hôte), avait lancé le Français. Si on parle de la qualité du football, sur les 31 premières équipes au classement Fifa, 19 sont européennes. S'ils (à la Fifa) ne veulent plus de l'Europe qu'ils le disent..."

. La "ligne rouge" de l'UEFA

Jeudi, à Zurich, à la veille de l'élection présidentielle de la Fifa, l'ancien maître à jouer des Bleus a durci le ton: "Il y a une ligne rouge: pas question que l'Europe ait une place en moins en 2018, ce sera 13+1; et 13 pour 2022, pas question de changer cela".

Des revendications auxquelles Blatter avait apporté une réponse cinglante fin mars. "Le monde ne tourne plus autour de l'Europe. Au cours de mes 40 années à la Fifa, je me suis fait un devoir d'exporter le football partout dans le monde. Nous y sommes parvenus, mais le processus n'est pas terminé", avait-il alors écrit dans l'hebdomadaire de la Fifa.

Y-aura-t-il des changements ? Peut-être pas tant que ça. De source proche du dossier, interrogée par l'AFP vendredi soir, l'Europe pourrait avoir gain de cause.

La Conmebol (Amérique du Sud), par la voix de son président Juan Ángel Napout, s'est dit vendredi soir, juste après la réélection de Blatter, sûr de conserver son lot actuel, soit quatre sélections directement qualifiées et une cinquième possible par la voie d'un barrage. Le quotidien espagnol AS avait pourtant écrit la semaine passée que la Conmebol pourrait se retrouver avec seulement quatre accessits maximum.

. "Décision déjà prise"

"Demain (samedi), c'est le comité exécutif, mais la décision est déjà prise, nous avons la parole de tout le monde, pas seulement de Blatter, mais de tous ceux qui peuvent voter", a affirmé Napout.

La machine à spéculation s'était aussi emballée mi-avril quand "Sepp" Blatter lui-même s'était dit favorable à l'attribution d'une quatrième place qualificative directe en Coupe du monde pour la zone Concacaf (Amérique du nord, centrale et Caraïbes).

C'est cette même zone qui est au coeur du scandale judiciaire qui a éclaboussé la Fifa cette semaine. Son président, Jeffrey Webb, a été interpellé à Zurich et fait partie des 14 personnes mises en cause par la justice américaine, qui soupçonne l'existence de dessous de table d'un montant total de plusieurs dizaines de millions de dollars des années 1990 à nos jours.

La Concacaf dispose actuellement de trois qualifiés directs pour une phase finale de Coupe du monde. Une 4e équipe de la zone, pour tenter d'aller au Mondial, affronte en barrage aller-retour l'équipe qui a terminé à la première place des qualifications de la zone Océanie.

Les équipes de la Concacaf ont réalisé leur meilleure prestation d'ensemble dans une Coupe du monde lors du Mondial-2014 au Brésil, puisque trois des quatre qualifiés, le Mexique, les Etats-Unis et le Costa Rica, sont sortis de la phase de groupes.

pgr-dr/sk