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29/05/2015 12:07 EDT | Actualisé 29/05/2016 01:12 EDT

Elections en Ethiopie: l'opposition dénonce "un déni de démocratie"

L'opposition éthiopienne a dénoncé vendredi "un déni de démocratie" après la victoire écrasante de la coalition au pouvoir aux élections législatives et régionales du 24 mai.

"Le Blue Party n'accepte pas ce processus électoral comme étant libre et juste et ne reconnaît pas le résultat malsain et non démocratique de ces élections", ont indiqué les dirigeants de cette formation politique, l'un des principaux mouvements d'opposition, dans une déclaration à la presse à Addis Abeba.

Le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF) et ses alliés ont raflé l'ensemble des 442 sièges pour lesquels le dépouillement est achevé, sur un total de 547 sièges au Parlement, selon des résultats provisoires donnés par la Commission électorale éthiopienne.

Le seul siège détenu jusqu'ici par l'opposition à Addis Abeba a également été reconquis par le parti au pouvoir.

"Cette victoire à 100% du régime est un déshonneur qui signe la fin du multipartisme en Ethiopie et le règne d'un parti unique", ont ajouté ces responsables de l'opposition.

Pendant la campagne, les partis d'opposition ont affirmé être victimes de harcèlement et d'intimidations constantes de la part des autorités qui ont, selon eux, refusé d'enregistrer leurs candidats et procédé à de nombreuses arrestations parmi leurs militants.

Le Premier ministre Hailemariam Desalegn, qui a succédé à l'ancien homme fort, Meles Zenawi, avait promis d'ouvrir davantage l'espace politique en Ethiopie et de dynamiser le pluralisme, mais ces promesses tardent à se concrétiser.

En Ethiopie, "les opposants sont considérés comme des ennemis. Quand des personnalités ou des coalitions deviennent trop fortes, elles sont rapidement neutralisées. L'existence de l'opposition est tolérée dans un espace restreint à condition que leurs campagnes ne prennent pas trop d'ampleur", analyse Jean-Nicolas Bach, chercheur à Sciences-Po Bordeaux (France) et spécialiste des mouvements d'opposition en Ethiopie.

Plus de 200 candidats du Blue Party se sont vu refuser le droit de se présenter et 52 militants, arrêtés avant les élections, sont toujours en détention, selon Yonatan Tesfaye, porte-parole du parti d'opposition.

Le Blue Party n'envisage pas, toutefois, de contester les résultats des élections en justice. "Nous ne croyons pas qu'il existe un système judiciaire indépendant pour traiter nos plaintes. Nous allons continuer notre lutte par des moyens pacifiques", a assuré le porte-parole.

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