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29/05/2015 11:45 EDT | Actualisé 29/05/2016 01:12 EDT

Drame des migrants: le Premier ministre tunisien s'oppose à la destruction de bateaux

Le Premier ministre tunisien Habib Essid a estimé vendredi à Lisbonne qu'il y avait "d'autres choses à faire" avant de détruire les embarcations des trafiquants de migrants en mer Méditerranée, ajoutant qu'il fallait surtout "mettre de l'ordre en Libye".

"Il y a d'autres choses à faire avant de détruire des bateaux", a-t-il estimé devant la presse. "Je ne pense pas que le problème serait résolu, il faut essayer de regarder pourquoi les gens partent, pour les empêcher de partir".

"Avant toute chose, il est important de mettre de l'ordre en Libye", a relevé le dirigeant tunisien à l'issue d'une rencontre avec son homologue portugais Pedro Passos Coelho.

La destruction de bateaux fait partie des mesures envisagées par l'Union européenne, qui a décidé de mettre sur pied une opération navale pour "casser" l'activité des réseaux de trafiquants qui gèrent les traversées de migrants en Méditerranée, après une série de naufrages meurtriers.

En avril, plus de 1.200 migrants sont morts, dont 750 dans l'une des pires tragédies maritimes depuis des décennies.

"Nous pouvons et nous devons faire plus" pour accueillir les migrants en Europe mais en tenant compte de "la situation économique et financière" de chaque Etat membre, a pour sa part plaidé le Premier ministre portugais, commentant le système de répartition par pays proposé mercredi par la Commission européenne.

Selon ce plan, le Portugal doit accueillir 704 d'un groupe de 20.000 réfugiés syriens résidant actuellement hors d'Europe et 1.701 des 40.000 demandeurs d'asile syriens et érythréens, arrivés en Italie et en Grèce, pour aider ces deux pays débordés par des afflux de migrants.

"Le taux de chômage est encore élevé" au Portugal, a ajouté M. Passos Coelho, appelant la Commission à trouver "une position plus équilibrée".

"La récupération de l'économie" portugaise permettra "d'accueillir davantage d'immigrants et de réfugiés dans de bonnes conditions", mais le Portugal doit aussi "accueillir les Portugais qui ont dû aller dans d'autres pays pendant les années de grandes difficultés", a ajouté le chef de l'exécutif portugais.

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