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29/05/2015 04:38 EDT | Actualisé 29/05/2016 01:12 EDT

Demandeurs d'asile: l'Allemagne accepte la nécessité de négocier sur les quotas

La demande de la Commission européenne aux Etats membres de prendre en charge de 40.000 demandeurs d'asile doit être "un petit peu" modifiée et aucun accord ne sera possible dès le mois de juin, a déclaré à l'AFP le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière.

"Il faut encore négocier un petit peu sur les clés de répartition", a-t-il précisé en marge d'un débat jeudi soir à Bruxelles sur la protection des données avec Christiane Taubira et Felix Braz, les ministres français et luxembourgeois de la Justice, ainsi que la commissaire européenne, Vera Jourova.

"On va avoir besoin d'un peu de temps, mais le principe est en tout cas le bon", a-t-il insisté.

M. de Maizière a toutefois reconnu qu'il "est encore un peu tôt" pour espérer trouver un accord lors de la réunion des ministres européens de l'Intérieur mi-juin à Luxembourg.

"C'est un travail de titan. Il s'agit aussi de régler la question de comment réagir si les réfugiés ne restent pas dans le pays attribué. Ce sont des questions auxquelles nous devons encore trouver des réponses", a-t-il souligné.

La Commission européenne a demandé mercredi aux Etats membres de l'UE de prendre en charge 40.000 demandeurs d'asile originaires de Syrie et d'Erythrée arrivés en Italie et Grèce, en signe de solidarité avec Rome et Athènes.

L'Allemagne soutient l'instauration de quotas obligatoires et a traité 97.000 demandes d'asile en 2014, contre 68.000 pour la France.

Mais le principe suscite une levée de boucliers. "De mémoire de diplomate, jamais une proposition n'a suscité autant de colère", a confié jeudi soir à l'AFP le représentant d'un Etat membre.

L'idée d'un vote à la majorité qualifiée lors de la réunion à Luxembourg devrait être abandonné, a-t-il confié. "Une douzaine de pays ont exprimé de très sérieuses réserves lors d'une première discussion mercredi entre les ambassadeurs auprès de l'UE", a indiqué un participant à l'AFP.

Les Etats membres d'Europe centrale refusent le caractère obligatoire de la prise en charge des demandeurs d'asile et des réfugiés, jugé "coercitif", avait-il expliqué.

La France, pour sa part, soutient l'esprit de la démarche, mais pas la méthode ni la proposition et a énoncé un certain nombre de conditions. "La clé de répartition devra mieux prendre en compte les efforts déjà effectués par les Etats membres dans le cadre de la protection internationale", a notamment indiqué le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve dans un communiqué. L'Espagne, la Belgique et le Luxembourg se sont rangés sur cette position.

Trois Etats --le Royaume-Uni, l'Irlande et le Danemark-- ne sont pas concernés par cette obligation et ne prendront pas part au vote.

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