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29/05/2015 10:11 EDT | Actualisé 29/05/2016 01:12 EDT

Constitution européenne : dix ans après un référendum, les Français toujours hostiles (sondage)

Dix ans après un référendum sur la ratification de la Constitution européenne, les Français confirment très majoritairement leur refus de ce texte, selon les résultats d'un sondage de l'institut Ifop publiés vendredi par le journal Le Figaro.

A la question "10 ans après, si c'était à refaire, voteriez-vous oui ou non ?" à ce référendum, 47% des personnes interrogées répondent non, 29% oui et 24% ne se prononcent pas.

Si l'on exclut les personnes qui ne se prononcent pas, le pourcentage de non est de 62% et celui de oui de 38%. Au référendum du 29 mai 2005 en France, 55% des votants avaient rejeté le texte, 45% l'avaient approuvé.

La fracture entre partisans et opposants traverse la gauche comme la droite, les sympathisants d'extrême gauche et d'extrême droite étant cependant les plus farouchement hostiles au traité européen.

En 2005, le président de droite Jacques Chirac ainsi que Nicolas Sarkozy, qui lui a succédé en 2007, et l'actuel président François Hollande, alors chef du Parti socialiste, avaient appelé à voter oui.

Le tribun d'extrême gauche Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidentielle de 2012, a jugé vendredi l'Europe "illégitime en France", soulignant que le texte rejeté par les Français avait été cependant ensuite approuvé (légèrement remanié) par le Parlement réuni en congrès.

Pour Marine Le Pen, la présidente du parti d'extrême droite Front national, le "non" fut un "magnifique geste de rébellion, de libération" et l'adoption d'un traité simplifié en 2008 constitue "la trahison la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale".

"Nous avons perdu 10 ans", a pour sa part commenté vendredi Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste, pour qui le rejet de cette Constitution "a été fondateur" car "tous les mouvements qui posent la question du changement en Europe sont nés de cette bataille".

Cette campagne référendaire avait déchiré de l'intérieur droite et gauche traditionnelles.

Il y a dix ans le socialiste François Hollande et son rival de droite Nicolas Sarkozy avaient affiché leur soutien commun au projet de Constitution tandis que l'actuel Premier ministre Manuel Valls avait milité pour le "non" pendant la campagne interne au parti socialiste avant de défendre le "oui" au moment de la campagne nationale.

Par ailleurs, à la question "souhaitez-vous que la France abandonne l'euro et revienne au franc ?", 29% des personnes interrogées répondent oui et 71% non. A la même question posée en mai 2010, 38% des sondés avaient répondu oui et 62% non.

Enfin, interrogés pour savoir s'ils seraient favorables ou opposés à l'exclusion de la Grèce de la zone euro "dans le cas où la Grèce arrêterait de rembourser sa dette vis-à-vis de ses partenaires européens", 64% des sondés se disent favorables à l'exclusion de la Grèce, contre 36% qui y seraient opposés.

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