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29/05/2015 04:23 EDT | Actualisé 29/05/2016 01:12 EDT

Climat: l'envoyé de Hollande réclame une Organisation mondiale de l'environnement

L'envoyé spécial du président française François Hollande pour la protection de la planète, Nicolas Hulot, réclame la création d'une "Organisation mondiale de l'environnement" qui serait chargée de gérer les ressources menacées, estimant qu'on "ne peut pas abandonner le sort de l'humanité" à l'Organisation commerciale du commerce (OMC).

Le rôle de cette organisation serait "de prendre en charge à l'échelle mondiale les biens communs, de piloter la gestion des ressources menacées comme l'eau, les terres arables, la pêche ou encore des matières premières qui deviennent des métaux rares et dont les économies ont besoin, cuivre ou plomb, terres rares...", plaide Nicolas Hulot dans une interview au journal communiste L'Humanité vendredi.

Il fait cette proposition à la veille lundi d'un nouveau round de négociations à Bonn, avant la grande conférence sur le climat à Paris en décembre.

"On ne peut pas abandonner le sort de l'humanité à l'OMC", souligne Nicolas Hulot. "De gré ou de force, si nous ne passons pas d'un monde de compétition à un monde de coopération, nous irons tous dans le mur".

"Des tensions sont déjà à l'oeuvre car nous touchons aux limites de nos ressources naturelles. On se fait la guerre depuis cinquante ans à cause du pétrole, du gaz, du charbon. Qu'en sera-t-il quand des ressources plus vitales comme les terres arables, le poisson ou des métaux essentiels à l'industrie basculeront dans le manque ? Si on ne pilote pas tout cela, il n'y a pas de paix possible".

"La pénurie est un facteur de tensions, de guerre. Et nous tendons à la pénurie. Il faut donc réfléchir à des règles communes. On me dit que c'est compliqué. Mais cela n'a pas été compliqué de mettre en place l'OMC ?", ajoute Nicolas Hulot, .

L'envoyé spécial déplore par ailleurs que l'Europe, qui "fait figure de bon élève sur les trajectoires de réduction de gaz à effet de serre" négocie avec les Etats-Unis "un traité transatlantique qui va dans le sens d'une histoire aveugle aux paramètres environnementaux".

Ce traité "continue d'alimenter la notion de libre-échange alors qu'il faut passer à celle de juste échange, opter pour des critères sociaux et environnementaux", insiste-t-il.

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