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29/05/2015 10:04 EDT | Actualisé 29/05/2016 01:12 EDT

Afrique du Sud: le commanditaire du meurtre de Chris Hani bientôt en liberté

La justice sud-africaine a décidé vendredi la remise en liberté, pour des raisons médicales, de l'ancien député blanc qui avait fourni le pistolet utilisé pour tuer le leader du Parti communiste Chris Hani en 1993, un assassinat qui avait failli provoquer une guerre civile.

Clive Derby-Lewis, 79 ans, souffre d'un cancer du poumon. Condamné à perpétuité et emprisonné depuis 21 ans, il a déjà demandé sa libération conditionnelle à cinq reprises.

La mort de Chris Hani, assassiné par un Blanc en pleines négociations entre Noirs et Blancs un an avant les premières élections multiraciales qui devaient marquer la fin du régime raciste de l'apartheid, avait enflammé les townships.

Chris Hani, lui-même un ancien dirigeant de la branche militaire du Congrès national africain (ANC), avait pesé pour que le mouvement anti-apartheid mette fin à la lutte armée, et négocie avec le pouvoir blanc, au début des années 1990. Tué à 50 ans, il était considéré comme un très possible successeur de Nelson Mandela.

L'homme qui l'a abattu devant chez lui dans la banlieue de Johannesburg, le Polonais Janusz Walus, purge une peine de perpétuité dans une prison de Pretoria.

Le ministre sud-africain de la Justice Michael Masutha avait rejeté en janvier la dernière demande de libération de Clive Derby-Lewis, estimant que le dossier médical n'était pas assez bien ficelé, et regrettant son absence de remords.

Le juge Selby Baqwa a au contraire estimé vendredi que M. Derby-Lewis était bien repentant, et a estimé que le dossier du ministre était "déficient".

Le ministre de la Justice avait accordé en janvier la liberté conditionnelle à Eugene de Kock, le plus célèbre tueur de l'apartheid, coupable de kidnappings, tortures et assassinats d'opposants, après vingt ans derrière les barreaux.

sk-liu/sba