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25/05/2015 06:25 EDT | Actualisé 25/05/2016 01:12 EDT

Washington n'a "rien fait" pour sauver Ramadi des jihadistes (général iranien)

Les Etats-Unis n'ont "rien fait" pour aider l'armée irakienne contre les jihadistes à Ramadi, a accusé le général Ghassem Souleimani, un haut responsable des Gardiens de la révolution iraniens, cité lundi par l'agence officielle Irna.

"M.(Barack) Obama, quelle est la distance entre Ramadi et la base al-Assad où les avions américains sont basés? Comment pouvez-vous vous installer là-bas sous prétexte de protéger les Irakiens et ne rien faire. Ceci n'est pas autre chose que d'être complice d'un complot", a déclaré le général Souleimani, chef de la force Qods chargée des opérations extérieures de l'armée d'élite du régime, dans un discours dimanche soir à Kerman (sud).

"Pour quelle raison, ils (...) trompent l'opinion publique mondiale en créant des coalitions mensongères pour soi-disant lutter contre Daech, qui n'est pas réprimé" malgré tous les crimes commis par le groupe dans les pays de la région, s'est demandé M. Souleimani.

L'Iran a toujours mis en doute la volonté réelle des Etats-Unis et de ses alliés arabes et occidentaux dans la lutte contre l'organisation Etat islamique (EI), des responsables iraniens affirmant même que le groupe extrémiste sunnite a été renforcé par la politique de ces pays.

La ville de Ramadi, située à une centaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad, est tombée le 17 mai aux mains de l'EI malgré des bombardements menés par les Etats-Unis depuis la base d'Al-Assad, où sont déployés plusieurs centaines de conseillers militaires américains.

Washington a défendu l'efficacité des frappes aériennes tout en mettant en cause "la volonté des forces irakiennes de se battre" dans le pire revers enregistré par Bagdad depuis la débâcle de juin 2014 face à l'EI.

Mais pour le général Souleimani, les Etats-Unis n'ont "aucune volonté de combattre Daech" (acronyme arabe de l'EI). Il a également affirmé que ces jihadistes, qui contrôlent plusieurs zones pétrolières en Irak et en Syrie "exportent leur pétrole via les pays membres de la coalition internationale" mise en place par Washington.

Selon les médias iraniens, Ghassem Souleimani avait été actif en Irak notamment lors de reprise, fin mars, de la ville de Tikrit par l'armée et les milices irakiennes.

Puissance chiite régionale, l'Iran est engagé contre l'EI avec des conseillers militaires et un soutien financier et militaire aux gouvernements syrien et irakien.

"Pour lutter contre le phénomène dangereux (de Daech), il n'y a que la République islamique", a lancé le général Souleimani pour qui la lutte contre l'EI est un "intérêt national".

M. Souleimani a ajouté que l'Iran ne faisait qu'aider les pays de la région confrontées aux jihadistes et "n'avait besoin ni du pétrole, ni du territoire irakiens, ni autres choses de l'Irak ou d'autres pays".

Le ministre iranien de la Défense, le général Hossein Dehghan s'est rendu à Bagdad au lendemain de la chute de Ramadi.

Dimanche, le général Ahmad-Reza Pourdastan, chef de l'armée de terre iranienne avait demandé au Parlement des fonds supplémentaires pour lutter contre les jihadistes, aussi présents au Pakistan et en Afghanistan.

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