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25/05/2015 15:25 EDT | Actualisé 25/05/2016 01:12 EDT

Une croissance au ralenti pour les grands détaillants, croit Moody's

MONTRÉAL - Les impacts de l'endettement des ménages, de la baisse du prix du baril de pétrole et du recul du huard auront des répercussions sur les grands détaillants canadiens, qui verront leur croissance ralentir en 2015, estime Moody's.En moyenne, selon l'agence de notation, la progression du bénéfice d'exploitation de neuf grandes sociétés, dont Dollarama (TSX:DOL), Metro (TSX:MRU), Rona (TSX:RON) et Groupe Jean Coutu (TSX:PJC.A), sera moins marquée.Dans un long rapport, l'analyste Peter Adu estime qu'elle devrait ainsi osciller aux alentours de cinq pour cent, ce qui représente un recul par rapport à huit pour cent lors de l'exercice 2014.Selon lui, cette situation s'explique en grande partie par une diminution du budget discrétionnaire des consommateurs et une augmentation du niveau de l'endettement des ménages.Si le recul des prix à la pompe se traduit par des économies, M. Adu estime que la majorité des consommateurs utilisent ce montant pour rembourser leurs dettes plutôt que dépenser davantage.De plus, la dégringolade des prix du brut continuera à provoquer des licenciements au pays, ce qui devrait miner la confiance des consommateurs tout en réduisant les dépenses.Dans ce contexte, c'est Dollarama qui devrait offrir la meilleure performance, avec un bénéfice d'exploitation en hausse de huit pour cent, croit M. Adu.D'après lui, le détaillant d'articles à 1 $ ou plus est mieux positionné pour faire face à des turbulences puisqu'il continuera à ouvrir des magasins dans des marchés où il n'est pas encore présent.Rona devrait afficher une croissance, mais le quincailler a du pain sur la planche dans les secteurs du marketing et dans le commerce en ligne, ce qui entraînera des dépenses, souligne l'agence new-yorkaise.Pour Jean Coutu, le dossier chaud demeure le projet de loi 28, qui permettra aux pharmaciens de facturer trois nouveaux actes mais les obligera à laisser sur la table environ 177 millions $. D'après M. Adu, cette situation pourrait inciter l'entreprise à donner un coup de pouce financier à ses pharmaciens propriétaires pour combler des manques à gagner et conserver une bonne relation avec ces derniers.À l'instar de Loblaw (TSX:L) et Sobeys, Metro (TSX:MRU) devra pour sa part continuer à composer avec une présence accrue des géants Wal Mart et Costco. Si Moody's concède que les trois chaînes canadiennes de supermarchés ont été en mesure de protéger leurs marges grâce à de la discipline du côté des coûts dans le passé, elle s'attend à ce que cela s'atténue.