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25/05/2015 11:13 EDT | Actualisé 25/05/2016 01:12 EDT

Soudan du Sud: des habitants rentrent timidement chez eux après une offensive gouvernementale

Les habitants de la ville sud-soudanaise de Leer (nord), forcés au départ la semaine dernière alors que les troupes gouvernementales approchaient de la zone pour en reprendre le contrôle aux rebelles, ont commencé à rentrer chez eux, ont annoncé lundi des travailleurs humanitaires.

Pendant l'offensive contre la localité, ville natale du chef des rebelles Riek Machar, près de 100.000 habitants, selon le Comité international de la Croix Rouge, avaient dû aller se réfugier dans les marais alentour.

Le CICR, qui avait lui-même dû évacuer une partie de son personnel pendant l'offensive, est aussi retourné sur place au cours du week-end.

Selon les Nations unies, l'offensive gouvernementale s'est traduite par des attaques contre les civils, des viols, des mutilations et des enrôlements d'enfants soldats.

Les combats dans la région ont été parmi les plus intenses depuis que le jeune pays a plongé dans la guerre civile il y a 17 mois.

Le conflit a éclaté en décembre 2013 dans la capitale Juba entre factions rivales de l'armée, sur fond de rivalité entre le président Salva Kiir et son ex-vice président Machar. Il s'est depuis étendu à l'essentiel du reste du pays.

En retournant à Leer, dans l'Etat d'Unité, théâtre de féroces affrontements depuis le début de la guerre civile, le CIRC a constaté le vol de ses quatre véhicules. Son complexe humanitaire a aussi été pillé.

"La situation à Leer est extrêmement grave", a déclaré Daniel Littlejohn-Carillo, responsable du CICR qui a organisé le retour dans la ville. Il a évoqué "plusieurs victimes des violences dans les villages alentour". "Les besoins -- en eau, nourriture, et autres soins de santé et abris -- sont criants, et nous nous attendons à ce qu'ils augmentent rapidement", a-t-il ajouté.

Les habitants reviennent aussi doucement, selon le CICR, qui précise que de nombreuses maisons et les sources de revenu des habitants -- champs, fermes, étals... -- ont été détruites.

Aucune information n'était encore disponible sur l'état de l'hôpital local, tenu par Médecins sans frontières (MSF). Lors d'une précédente offensive gouvernementale, l'établissement avait été saccagé et partiellement détruit par le feu.

Nyajiok Ruai et ses 10 enfants faisaient partie des habitants revenus dans la ville.

Elle a raconté au CICR avoir dormi avec sa famille en pleine nature, sans protection contre le paludisme endémique dans la région, avoir bu de l'eau contaminée et très peu mangé. De retour à Leer, elle a découvert que sa maison, faite de paille et de boue, avait été brûlée.

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