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25/05/2015 11:37 EDT | Actualisé 25/05/2016 01:12 EDT

Sécurité aux frontières : des voyageurs rentrent au Canada sans vérification

Une enquête de CBC révèle que les douaniers canadiens n'ont pas tous les outils nécessaires pour arrêter les criminels qui veulent entrer au Canada. Ils n'ont pas accès, par exemple, au Centre d'information de la police canadienne, qui regroupe les casiers judiciaires et les mandats d'arrêt.

L'identité de la grande majorité des millions de voyageurs qui rentrent au Canada chaque année n'est pas donc pas vérifiée pour voir s'ils ont un passé criminel ou un mandat d'arrêt contre eux.

Seuls les douaniers responsables de la deuxième inspection ont accès à cet outil, ce qui suppose donc qu'un voyageur suspect a éveillé les soupçons des agents de première ligne avant que puisse être vérifiée son identité.

Le syndicat des douaniers estime qu'il s'agit d'une faille inquiétante dans le système, alors qu'aux États-Unis, les douaniers de premières lignes, eux, ont accès à la banque de données des policiers canadiens.

« C'est une question de temps, déplore le représentant syndical Jean-Pierre Fortin. Le gouvernement ne veut pas ralentir la circulation aux frontières. »

L'agence canadienne des services frontaliers rétorque que les agents de première ligne ont un outil pour vérifier si le passeport des voyageurs a été perdu, volé ou s'il a fait l'objet d'une fraude. Elle se fie également à la formation de ses agents pour remarquer les voyageurs suspects et les envoyés à l'inspection secondaire.

L'agence canadienne des services frontaliers n'a cependant pas expliqué pourquoi ses agents de premières lignes, contrairement à leurs collègues américains, n'ont pas accès à la même banque de données.

Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, n'a pas l'intention de changer le système actuel. « On a plusieurs dispositifs et mécanismes pour faire en sorte que les citoyens honnêtes traversent la frontière rapidement, mais qu'on arrête les criminels. »

Un homme recherché admis au Canada

L'enquête de CBC s'est amorcée à la suite d'une précédente qui a révélé qu'un prêtre nigérian avait pu traverser la frontière alors qu'un mandat d'arrêt national avait été lancé à son endroit il y a dix ans.

Le Révérend Anthony Onyenagada a traversé la frontière canadienne sans être arrêté, malgré les 11 chefs d'accusation et le mandat d'arrêt qui pesait contre lui.

Sa victime affirme avoir été détenue et agressée par l'homme religieux en 2004, alors qu'il était au Canada, entre autres, pour visiter une église du sud-ouest de la province, où travaillait la femme interviewée.

L'agence canadienne des services frontaliers n'a pas commenté cette affaire.