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25/05/2015 06:52 EDT | Actualisé 25/05/2016 01:12 EDT

Platini écorche Blatter

Le vice-président de la FIFA Michel Platini a déclaré que la Fédération internationale de football (FIFA) manquera toujours de crédibilité tant que Sepp Blatter en sera le président.

Blatter s'accroche « à tout prix » au pouvoir et craint « le vide » après son passage à la FIFA, a indiqué Platini dans un entretien accordé au quotidien français L'Équipe.

Bien que Platini ait affirmé aimer et respecter l'homme qu'est Blatter, ses commentaires à quatre jours de l'élection présidentielle de la FIFA, prévue vendredi, laissent croire à un profond différend entre les deux anciens alliés.

Platini a même suggéré qu'à 79 ans, Blatter « a simplement peur de l'avenir ». Platini avait conduit l'UEFA à soutenir Blatter en 2011 lors de la précédente élection, « sur la base d'une promesse qu'il avait faite », celle d'un « dernier mandat ».

L'ex-joueur vedette de la Juventus a aujourd'hui « la désagréable impression » de s'être « engagé personnellement sur la base d'un mensonge », répétant, comme il le dit depuis un an, que « la FIFA a besoin d'un nouveau leader, de sang neuf et d'air frais ».

Celui qui est également président de l'UEFA a ajouté que Blatter n'a pas de grand plan pour son cinquième mandat et qu'il n'est pas crédible quand il dit avoir des missions inachevées.

Platini a donné son appui à l'adversaire de Blatter à l'élection, le Jordanien Ali ben al-Hussein. « Il ferait un grand président; il a tout ce qu'il faut », a louangé le Français.

Un parcours rempli d'obstacles

Mais l'équation reste compliquée pour le demi-frère du roi Abdallah II. Cet homme de 39 ans qui a fait ses études aux États-Unis pourra donc sans doute compter sur les voix de l'UEFA (54 fédérations, mais 53 votants car la FIFA ne reconnaît pas Gibraltar). Ce grand défenseur du soccer chez les jeunes et chez les femmes devrait aussi profiter des voix de frondeurs comme les États-Unis, anti-Blatter depuis l'attribution du Mondial 2022 au Qatar.

Mais, problème pour le Prince Ali, il n'est pas le président de sa Confédération, l'Asie (46 voix), dont dépend la Jordanie. C'est le cheikh Salman bin Ebrahim al Khalifa qui occupe ce poste et le Bahreïnien est un fervent partisan de Sepp Blatter.

Et l'Afrique (54 voix) reste fidèle à Blatter, 79 ans, président en exercice depuis 1998, considéré comme le grand artisan de l'attribution au continent de sa première Coupe du monde, en 2010 en Afrique du Sud.

Luis Figo, ex-Ballon d'Or et candidat qui s'est retiré la semaine passée (tout comme Michael Van Praag, président de la fédération néerlandaise), est pessimiste pour le Prince Ali, en raison d'un système verrouillé selon lui.

« C'est tout sauf une élection. C'est un plébiscite qui a pour objectif de remettre le pouvoir absolu à un homme », a dénoncé le Portugais, citant sans le nommer Blatter qui n'a « même pas pris la peine de présenter un programme ».