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25/05/2015 14:31 EDT | Actualisé 25/05/2016 01:12 EDT

Nigeria: menacé d'extradition, un sénateur se dérobe à la justice

Le sénateur nigérian Buruji Kashamu, accusé par les Etats-Unis de complicité dans un trafic de stupéfiants, ne s'est pas présenté au tribunal de Lagos qui devait statuer lundi sur son extradition, a annoncé l'agence anti-drogue nigériane (NDLEA).

M. Kashamu, qui a été élu il y a deux mois au Sénat nigérian, a été inculpé en 1998 par un tribunal de l'Etat d'Illinois (Etats-Unis) pour complicité de trafic d'héroïne.

Après des années sans réagir aux demandes américaines, samedi à l'aube, la NDLEA a créé la surprise en assignant à résidence le sénateur de l'Etat d'Ogun (sud-ouest) dans l'attente de l'audience d'extradition.

"L'agence travaille dur pour s'assurer qu'il se soumette aux procédures judiciaires", déclare la NDLEA dans un communiqué, ajoutant que "sa maison est restée bouclée par des policiers anti-drogue durant tout le temps de sa comparution (prévue) au tribunal".

Aucune nouvelle date d'audience n'a été fixée.

M. Kashamu avait été arrêté en décembre 1998 en Grande-Bretagne mais avait réussi à convaincre les autorités britanniques que les faits de trafic de drogue concernaient son frère et que les enquêteurs américains confondaient les deux hommes. Un tribunal britannique l'avait libéré en 2003 et M. Kashamu était rentré au Nigeria, où il est devenu un des grands financiers du Parti démocratique populaire (PDP), au pouvoir de 1999 (à la fin des dictatures militaires) jusqu'aux élections de cette année.

L'affaire avait débuté en 1994 par l'arrestation d'un trafiquant transportant 6,4 kilogrammes d'héroïne, à l'aéroport O'Hare de Chicago. Cet homme avait identifié M. Kashamu, qui habitait alors au Bénin, comme le cerveau du trafic.

L'élu a toujours nié toute implication, rejetant constamment la faute sur son frère à qui il ressemblerait beaucoup.

L'opération de la NDLEA intervient au moment d'importants changements politiques au Nigeria. Le président sortant, Goodluck Jonathan, battu à la présidentielle, a été critiqué pour ses liens avec Buruji Kashamu. Son parti, le PDP, va perdre le pouvoir vendredi lorsque le nouveau président, Muhammadu Buhari, chantre de la lutte contre la corruption, entrera en fonction. Le parti de M. Buhari, le Congrès progressiste (APC), est également majoritaire au parlement.

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