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25/05/2015 12:38 EDT | Actualisé 25/05/2016 01:12 EDT

Nigeria: accord des distributeurs de carburant sur la fin de la grève

Les grandes entreprises de distribution de carburant du Nigeria et les principaux syndicats concernés se sont mis d'accord lundi pour mettre fin à une grève qui a duré plusieurs semaines et qui paralysait la première économie d'Afrique.

Ces syndicats et groupes industriels chargés de l'approvisionnement et de la distribution de l'essence et du diesel sur le territoire nigérian ont fait cette déclaration après une réunion au Sénat.

"Nous nous sommes mis d'accord (...) pour commencer à prélever des produits (pétroliers) de tous les dépôts disponibles dans les six prochaines heures", a déclaré Babafemi Olawore, le secrétaire exécutif de l'Association des principaux distributeurs de produits pétroliers du Nigeria.

Kassim Bataiya, de l'Association nationale des propriétaires de transports routiers (NARTO), a annoncé que son organisation avait également signé cet accord.

Toutes les stations service sont fermées depuis plusieurs semaines au Nigeria, premier producteur de pétrole d'Afrique et pays le plus peuplé du continent.

Les vendeurs se sont mis à vendre des jerricans de carburant au marché noir, proposant des bidons de carburants parfois dilués à des prix très élevés.

Dans un pays privé d'électricité parfois plusieurs heures d'affilée, les entreprises se sont retrouvées sans diesel, pour faire fonctionner leurs imposants générateurs électriques, et certains ont même du fermer temporairement.

Les banques ont fermé plus tôt lundi à cause de la pénurie de diesel, et les opérateurs de téléphonie mobile ont prévenu qu'ils n'assuraient plus la qualité de leurs services.

A l'origine de cette pénurie: Un désaccord entre le gouvernement nigérian et les importateurs et distributeurs de carburants, et une grève des chauffeurs de camions-citerne, qui disent ne pas avoir été payés.

Le Nigeria, qui extrait deux millions de barils de pétrole par jour, est obligé d'importer du carburant, par manque de raffineries en activité.

Pour maintenir un prix correct à la pompe malgré les importants coûts de transport, notamment à l'intérieur du pays, l'Etat paie des subventions aux distributeurs de carburants.

Selon les syndicats du secteur pétrolier, la crise a éclaté car le gouvernement, à court de liquidités depuis l'effondrement des cours du pétrole, doit 200 milliards de nairas (environ 904 millions d'euros) d'impayés aux importateurs de pétrole.

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