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25/05/2015 07:47 EDT | Actualisé 25/05/2016 01:12 EDT

Loi spéciale : le NPD n'appuie pas le retour au travail forcé des enseignants

La chef néodémocrate Andrea Horwath met fin aux espoirs du gouvernement libéral de faire adopter sa loi spéciale pour forcer le retour au travail, dès demain, des enseignants des régions de Peel, Sudbury et Durham, dont certains sont en grève depuis un mois et demi.

Le gouvernement de l'Ontario avait besoin de l'appui des deux partis d'opposition pour faire adopter sa loi spéciale dès aujourd'hui.

Environ 70 000 élèves des écoles secondaires publiques de langue anglaise sont en grève. Ils pourraient cependant retourner en classe plus tôt tard cette semaine, puisque le gouvernement libéral, majoritaire à l'Assemblée législative, pourrait adopter sa loi d'ici jeudi. 

Le Parti progressiste-conservateur a pour sa part l'intention d'appuyer la loi spéciale. « Il faut permettre aux élèves de rentrer en classe le plus rapidement possible », affirme le porte-parole du parti en matière d'éducation, Garfield Dunlop. Il ajoute cependant que c'est à contrecœur que les conservateurs se rangent du côté du gouvernement, puisqu'ils le tiennent responsable de la situation actuelle. 

La ministre de l'Éducation, Liz Sandals, s'est défendue d'avoir pris trop de temps pour appliquer une loi spéciale, alors que la Commission des relations de travail en éducation affirme que la grève des enseignants met en danger l'année scolaire.

Elle a cité en exemple plusieurs autres décisions similaires et croit qu'il s'agit d'un des jugements les plus rapides de l'histoire de la province.

Une fois la loi spéciale appliquée, les enseignants des écoles touchées n'auront cependant plus le droit d'ériger des piquets de grève, mais pourraient avoir recours à d'autres moyens de pression.

Le projet de loi spéciale sera déposé à Queen's Park à 13 h et les élus vont débattre de la question pendant l'après-midi.

La ministre Sandalz avait écrit aux chefs des deux partis d'opposition pour que sa loi spéciale soit approuvée à l'unanimité.

Déception à la FEESO

Les négociations, pour conclure un nouveau contrat de travail, se poursuivent entre-temps à la table provinciale, entre le gouvernement et le syndicat. La Fédération des enseignantes et enseignants du secondaire de l'Ontario est cependant déçue du dépôt d'une loi spéciale pour forcer le retour au travail de ses membres. 

« Rien de positif ne peut ressortir d'une telle législation », estime le président du syndicat, Paul Elliott. Il déplore que le gouvernement tente d'outrepasser le processus de négociation tripartite qu'il a lui-même instauré. « Encore une fois, le gouvernement préfère légiférer plutôt que négocier », ajoute-t-il. 

En 2012, le gouvernement libéral, alors dirigé par Dalton Mc Guilty, avait lui aussi déposé une loi spéciale pour geler le salaire des enseignants, en plus de suspendre leur droit de grève.