NOUVELLES
25/05/2015 12:30 EDT | Actualisé 25/05/2016 01:12 EDT

Les mesures proposées par la Grèce encore insuffisantes (Blanchard, FMI)

Les mesures proposées par la Grèce à ses créanciers internationaux sont pour l'instant insuffisantes, a estimé lundi l'économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), Olivier Blanchard, dans un entretien au journal Les Echos.

Le pays, qui est à court de liquidités et risque le défaut de paiement, mène depuis des semaines de difficiles négociations avec ses créanciers, UE et FMI en tête, pour obtenir le versement de tout ou partie de 7,2 milliards de prêts.

Interrogé sur la position du FMI, M. Blanchard a indiqué qu'elle était "flexible sur ce qu'Athènes doit faire dès lors qu'un programme cohérent est présenté in fine", selon cet entretien disponible sur le site internet du quotidien économique.

"En tenant compte des dernières estimations faisant état d'un déficit budgétaire substantiel pour le moment, il faut donc des mesures crédibles pour transformer ce dernier en surplus et maintenir ce surplus dans l'avenir", selon lui.

"Au vu de ce qui est proposé pour l'heure, on en est encore assez loin", a prévenu M. Blanchard qui doit quitter son poste au FMI en septembre.

Il a notamment estimé que "le système des retraites est souvent trop généreux, qu'il y a encore trop de fonctionnaires", ajoutant qu'il faut "regarder quelles mesures structurelles sont essentielles pour garantir une croissance soutenue à moyen terme".

Il a par ailleurs dit qu'il existait "plusieurs scénarios de crise allant du contrôle des capitaux à la sortie de l'euro", espérant toutefois "tous les éviter".

Ces propos sont publiés alors qu'un porte-parole du gouvernement grec a déclaré lundi que le pays honorera "toutes ses obligations financières" tant qu'il le pourra, à moins de deux semaines du prochain remboursement qu'Athènes doit au FMI, soit 300 millions d'euros le 5 juin.

Le porte-parole grec a également fermement démenti tout scénario d'instauration d'un contrôle des capitaux pour stopper le flux des retraits de dépôts bancaires.

Le ministre de l'Intérieur grec Nikos Voutsis avait de son côté déclaré dimanche que la Grèce n'avait pas d'argent pour payer le FMI en juin, un risque brandi à plusieurs reprises récemment par des officiels grecs dans le cadre des négociations avec les créanciers du pays.

jbo/sl/nou/ial/