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25/05/2015 12:44 EDT | Actualisé 25/05/2016 01:12 EDT

Le gouvernement colombien et les Farc reprennent leurs discussions de paix à Cuba

Le gouvernement colombien et la guérilla des Farc ont repris lundi leurs négociations de paix à La Havane, après plusieurs jours de tension en raison d'une opération militaire ayant tué 26 rebelles, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Sans aucun doute, les événements affligeants survenus (la semaine dernière) sont un pas en arrière dans les progrès accomplis jusqu'à maintenant à la table du dialogue à La Havane", a déclaré le dirigeant guérillero Pablo Catatumbo, à la reprise de ces négociations, organisées depuis novembre 2012.

"On ne peut prétendre qu'à travers la pression militaire ou les menaces il soit possible de faire plier notre volonté de lutte. C'est le mauvais chemin et il est évident qu'on ne parviendra jamais à la paix en faisant monter d'un cran le conflit", a-t-il ajouté.

"Cela fait de la peine de constater qu'une partie de la Colombie s'est habituée à une guerre qui dure depuis déjà plus de 50 ans et n'a toujours ni vainqueur, ni vaincu", a-t-il encore affirmé.

La délégation gouvernementale n'a pas souhaité, elle, s'exprimer.

Les pourparlers de paix avaient été reportés vendredi d'"un commun accord" jusqu'à lundi, selon une source proche de la délégation des autorités colombiennes, après un regain de tension entre les deux parties, provoqué par un bombardement de l'armée ayant tué officiellement 26 guérilleros dans le département du Cauca (sud-ouest).

La rébellion a répliqué en suspendant la trêve unilatérale qu'elle observait depuis six mois, tandis qu'une nouvelle opération militaire était menée ce week-end dans le département d'Antioquia (nord-ouest).

Les deux parties divergent sur le bilan de ces deux opérations, les Farc évoquant 37 rebelles tués au total (27 jeudi, 10 ce week-end), tandis que selon le gouvernement, il y en a eu 36 (26 puis 10).

Lundi, la deuxième guérilla de Colombie, l'Armée de libération nationale (ELN), a exprimé "sa solidarité" avec les Farc.

"La décision de décréter une trêve unilatérale et indéfinie est un geste audacieux car cela crée un climat favorable à la paix", a estimé l'ELN, qui est aussi une formation d'extrême gauche, dans un communiqué.

Mais "le gouvernement (du président Juan Manuel) Santos, au lieu de comprendre ce geste, en a profité pour prendre l'avantage sur le plan militaire", a-t-elle regretté.

Le président Santos, qui exclut tout armistice avant un accord de paix définitif, avait ordonné mi-avril la reprise des bombardements contre les rebelles en représailles à une embuscade qui avait coûté la vie à onze militaires.

Il s'est toutefois dit samedi prêt à accélérer les négociations de paix "pour arrêter cette guerre le plus tôt possible" et "obtenir ce cessez-le-feu bilatéral et définitif au plus vite".

Fondées en 1964 dans la foulée d'une insurrection paysanne, les Farc comptent encore selon les autorités près de 8.000 combattants, essentiellement repliées dans les régions rurales.

Le conflit interne colombien, le plus ancien d'Amérique latine, a fait quelque 220.000 morts et plus de six millions de déplacés, selon des chiffres officiels.

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