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25/05/2015 12:54 EDT | Actualisé 25/05/2016 01:12 EDT

L'Iran juge mardi le correspondant de Washington Post (justice)

Le procès du correspondant irano-américain du Washington Post à Téhéran Jason Rezaian, détenu en Iran depuis dix mois et accusé d'espionnage, débutera mardi, a annoncé un haut responsable de la justice.

"Je ne peux pas révéler les détails du dossier mais le procès aura lieu demain en présence de son avocate et d'un interprète", a déclaré lundi Gholamhossein Mohseni-Ejeie, porte-parole et numéro deux de la justice iranienne, cité par l'agence Isna.

"Il reviendra au juge de décider si le procès sera public ou pas", a-t-il ajouté.

Le Washington Post a indiqué pour sa part que le procès serait "fermé au public", dénonçant une injustice.

"Les injustices honteuses se poursuivent sans fin dans le traitement du journaliste du Washington Post Jason Rezaian. Nous apprenons maintenant que son procès sera fermé au public, ce qui le privera de l'attention qu'il mérite", a déclaré le directeur exécutif Martin Baron dans un communiqué publié dans l'édition du journal de lundi.

Me Leila Ahsan, l'avocate du correspondant de Washington Post, avait indiqué la semaine dernière que l'épouse de M. Rezaian, Yeganeh Salehi, également journaliste, et un autre accusé, tous deux libérés sous caution, avaient été convoqués à comparaître le même jour.

Le journaliste irano-américain, qui collabore au quotidien Washington Post depuis 2012, a été arrêté le 22 juillet 2014 avec son épouse pour des motifs qui n'ont jamais été clairement énoncés.

Agé de 39 ans, il a été inculpé en avril pour "espionnage" et "collaboration avec des gouvernements hostiles".

Son dossier d'accusation a été transmis en janvier au tribunal révolutionnaire, qui juge habituellement les affaires portant sur des crimes politiques ou touchant à la sécurité nationale.

Le 22 mai, le Washington Post avait rejeté les accusations d'espionnage.

"Ce qui est absolument clair est que M. Rezaian est totalement innocent des accusations, y compris d'espionnage, portées à son encontre", écrivait le quotidien, en estimant que le journaliste semble être un "pion dans les luttes internes" à Téhéran sur fond de négociations avec les grandes puissances sur le programme nucléaire controversé de Téhéran.

L'incarcération de Jason Rezaian à la prison d'Evine, dans le nord de la capitale, avait provoqué de nouvelles tensions entre l'Iran et les Etats-Unis alors que les deux pays, qui ont rompu leurs relations diplomatiques après la Révolution islamique de 1979, sont engagés dans les négociations nucléaires.

Le président américain Barack Obama avait appelé en mars le gouvernement iranien à libérer le journaliste, qui a souffert d'ennuis de santé. Mais l'Iran, qui ne reconnaît pas la double nationalité, affirme que le dossier est purement iranien.

bur/vl/cco