NOUVELLES
25/05/2015 09:18 EDT | Actualisé 25/05/2016 01:12 EDT

L'Iran juge mardi le correspondant de Washington Post (justice)

Le procès du correspondant irano-américain du Washington Post à Téhéran Jason Rezaian, détenu en Iran et accusé d'espionnage, débute mardi en présence de son avocate de d'un interprète, a indiqué lundi un haut responsable de la justice.

"Je ne peux pas révéler les détails du dossier mais le procès aura lieu demain en présence de son avocate de d'un interprète", a déclaré Gholamhossein Mohseni-Ejeie, porte-parole et numéro deux de la justice iranienne, cité par l'agence Isna.

"Il reviendra au juge de décider si le procès sera public ou pas", a-t-il ajouté.

Me Leila Ahsan, l'avocate du correspondant de Washington Post, avait indiqué la semaine dernière que l'épouse de M. Rezaian, Yeganeh Salehi, également journaliste, et un autre accusé, tous deux libérés sous caution, avaient été convoqués à comparaître le même jour.

Le journaliste irano-américain, qui collabore au quotidien Washington Post depuis 2012, a été arrêté le 22 juillet 2014 avec son épouse pour des motifs qui n'ont jamais été clairement énoncés.

Jason Rezaian, 39 ans, a été inculpé en avril pour "espionnage" et "collaboration avec des gouvernements hostiles".

Son dossier d'accusation avait été transmis en janvier au tribunal révolutionnaire, qui juge habituellement les affaires portant sur des crimes politiques ou touchant à la sécurité nationale.

Le Washington Post a nouvelle fois rejeté les accusations d'espionnage dans un éditorial paru le 22 mai. "Ce qui est absolument clair est que M. Rezaian est totalement innocent des accusations, y compris d'espionnage, portées à son encontre", écrit le quotidien, en estimant que le journaliste semble être un "pion dans les luttes internes" à Téhéran sur fond de négociations avec les grandes puissances sur le dossier nucléaire.

L'incarcération de Jason Rezaian à la prison d'Evine, dans le nord de la capitale, avait provoqué de nouvelles tensions entre l'Iran et les Etats-Unis alors que les deux pays, qui ont rompu leurs relations diplomatiques après la Révolution islamique de 1979, sont engagés dans des négociations difficiles sur le programme nucléaire controversé de Téhéran.

Le président américain Barack Obama avait appelé en mars le gouvernement iranien à libérer le journaliste, qui a souffert d'ennuis de santé. Mais l'Iran, qui ne reconnaît pas la double nationalité, affirme que le dossier est purement iranien.

bur/jri