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25/05/2015 06:50 EDT | Actualisé 25/05/2016 01:12 EDT

GB: Cameron lance son offensive diplomatique pour son référendum sur l'UE

David Cameron devait s'entretenir lundi soir avec son ennemi d'hier, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, avant d'entamer cette semaine une délicate tournée passant par Paris et Berlin pour vendre son projet de référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à une Union européenne préalablement réformée.

Le gouvernement du Premier ministre conservateur a par ailleurs fait un geste à destination des électeurs britanniques, en confirmant que le référendum prévu au plus tard fin 2017 ne serait pas ouvert aux quelque 1,5 million de ressortissants de l'UE établis dans le pays.

En recevant lundi le Luxembourgeois à la tête de l'exécutif européen pour un dîner dans sa résidence officielle à la campagne, le manoir de Chequers, M. Cameron entre dans le vif du sujet dans un cadre plus informel que le 10, Downing Street, sa résidence londonienne.

Il y a près d'un an, David Cameron était ressorti affaibli, isolé et perdant d'une véritable croisade contre la nomination de M. Juncker à la présidence de la Commission européenne, jugeant que cet europhile était peu susceptible de mettre en oeuvre les réformes de l'UE exigées par Londres.

David Cameron, favorable au maintien de son pays dans une union réformée, présentera à son ennemi d'hier, pragmatique, ses revendications: il aspire notamment à rapatrier certains pouvoirs au Royaume-Uni au nom de la souveraineté du Parlement britannique, et durcir les conditions d'accès aux aides sociales pour les ressortissants de l'UE, particulièrement ceux en provenance des pays de l'Est.

- Citoyens européens exclus du vote -

Ce durcissement, qui pourrait s'avérer difficile à obtenir, constitue "une exigence absolue" pour le dirigeant conservateur alors que le nombre d'arrivées sur le sol britannique a de nouveau bondi en 2014.

Le dîner crucial avec M. Juncker ouvre une semaine dominée par le dossier européen: le référendum aura une place de choix dans le traditionnel "discours de la reine" mercredi, qui présentera le programme législatif du nouveau gouvernement. La consultation fera l'objet d'un projet de loi.

Le seul référendum sur la question de l'appartenance du pays à l'UE remonte à 40 ans, à une époque où le bloc européen était un marché commun plus qu'un objectif politique. David Cameron s'est engagé à organiser le nouveau scrutin d'ici à fin 2017 mais pourrait l'avancer à 2016.

L'électorat sera pratiquement le même que pour les élections législatives, c'est-à-dire composé des citoyens britanniques et des citoyens irlandais et du Commonwealth résidents au Royaume-Uni, tous âgés de plus de 18 ans. Contrairement à ce qui se fait lors des législatives, les membres de la chambre des Lords pourront voter.

Les ressortissants de l'Union européenne, autorisés à voter lors des élections locales, seront tenus à l'écart. Les eurosceptiques craignaient qu'ils s'expriment massivement en faveur du maintien dans l'UE et fassent ainsi pencher la balance contre la sortie ou "Brexit".

- Sprint diplomatique -

Juste après le discours de la reine, David Cameron commencera son offensive diplomatique auprès des autres États membres de l'UE, en commençant par les potentiels alliés susceptibles d'appuyer ses velléités de réforme, ainsi que par les poids lourds de l'UE.

Dès mercredi soir, il partira au Danemark, où il participera jeudi à un petit-déjeuner de travail avec la chef du gouvernement danoise Helle Thorning-Schmidt. Dans la même journée, David Cameron est attendu aux Pays-Bas, où il rencontrera le Premier ministre, Mark Rutte, et en France, où il dinera à l'Élysée avec le président François Hollande.

Son sprint diplomatique continuera vendredi, avec à l'ordre du jour une rencontre avec la Première ministre polonaise, Ewa Kopacz, à Varsovie et une autre avec la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin.

David Cameron compte s'entretenir avec l'ensemble de ses 27 partenaires européens avant le sommet des chefs d'État et de gouvernement des 25 et 26 juin à Bruxelles.

"C'est l'occasion pour le Premier ministre d'expliquer pourquoi il fait cela, l'opinion du Royaume-Uni sur l'UE, les arguments pour une renégociation et contre le statu quo", a indiqué une source proche du dirigeant britannique.

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