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25/05/2015 11:13 EDT | Actualisé 25/05/2016 01:12 EDT

Est de la RDC : des évêques accusent l'Etat de laisser "pourrir la situation"

Les autorités congolaises laissent "pourrir la situation" dans l'est de la République démocratique du Congo, écrivent plusieurs évêques catholiques de cette région déchirée par les conflits depuis plus de vingt ans dans un message reçu lundi par l'AFP.

"La sécurité, la paix et l'intégrité territoriale ne semblent pas avoir été prioritaires dans la stratégie des autorités publiques", indique ce message publié à l'occasion de la fête chrétienne de la Pentecôte, "de manière générale, l'État laisse pourrir la situation à l'est du pays".

"Nous avons des difficultés à comprendre les ambiguïtés, les tergiversations et les paradoxes de notre gouvernement", ajoutent les évêques des six diocèses des provinces du Maniema, du Nord et du Sud-Kivu, dont l'assemblée épiscopale siège à Bukavu, capitale du Sud-Kivu.

Les prélats s'attardent en particulier sur la série de massacres commis depuis octobre dans la région de Beni (nord du Nord-Kivu) et ayant débordé jusqu'aux confins de la Province-Orientale voisine.

Près de 400 personnes ont péri dans cette vague meurtrière attribuée aux rebelles ougandais musulmans des forces démocratiques alliés (ADF). Présents en RDC depuis 1995, ces miliciens sont opposés au président ougandais Yoweri Museveni.

Rappelant l'extrême brutalité de ces meurtres commis à l'arme blanche, les évêques y voient de "véritables actes génocidaires, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité".

"Face à cette insécurité", s'interrogent les hiérarques catholiques, "le gouvernement serait-il incapable, démissionnaire ou complice ?"

"Dans ce contexte, comment les élections transparentes, libres, démocratiques et apaisées pourront-elles avoir lieu dans cette partie de la République ?" se demandent aussi les évêques à l'approche d'échéances électorales importantes.

Les massacres dans la région de Beni sont à l'origine d'un mouvement de désobéissance civile local reprochant aux autorités de faillir à leur devoir de protéger la population.

Mi-mai, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'Homme en RDC (BCNUDH) a estimé que ces tueries "pourraient constituer, de par leur type et leur nature, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité".

Une série d'élections (locales, provinciales, sénatoriales...) doit s'ouvrir en RDC à partir d'octobre pour mener jusqu'à la présidentielle de novembre 2016, à laquelle la Constitution interdit au chef de l'État, Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se présenter.

L'opposition soupçonne celui-ci de vouloir tout faire pour retarder cette échéance afin de pouvoir se maintenir en poste au-delà du terme de son mandat.

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